AFFAIRE THÉO : QUE CACHE LA MAJORITÉ PÉNALE À 16 ANS DE F-FILON ?

En déplacement à Compiègne devant 4000 militants la semaine dernière, l’inaudible François Fillon, candidat des LR à la présidentielle de 2017 n’a pas joué les prolongations de la St valentin, en déclarant vouloir baisser la majorité pénale à 16 ans. Grossière tentative de diversion ou simple réajustement de son projet de campagne en fonction du contexte sécuritaire qui prévaut en banlieue (tout ceci dans le sillage de l’affaire Théo), François Fillon empêtré dans le sable mouvant qu’est le « Pénelopegate » est prêt à s’accrocher à tout ce qui peut lui permettre de remonter dans l’estime des électeurs de droite. Après s’être clairement prononcé contre cette mesure il y a à peine un mois, déclarant que « l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans, c’était le prélude à l’abaissement de la majorité tout court. » M. Fillon fait volte-face aujourd’hui, que cherche-t-il ? Aux abois, remobiliser son camp, reconquérir son électorat, rien de plus légitime mais quid des droits de l’enfant ? Jusqu’où iront ces politiciens aussi véreux et dangereux que les criminels auxquels ils prétendent s’attaquer dans les banlieues ?
Si certains élus et militants de droite récusent, remettent en cause, balayent du revers de la main la brutale interpellation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois le 2 février dernier (par extension la barbarie policière), les déclarations du vainqueur de la primaire de droite et du centre ne sont pas d’ordre à rétablir la justice et apaiser les tensions qui secouent la capitale française. En effet François Fillon qui mute clairement en hologramme de Nicolas Sarkozy. En déclarant devant une salle bondée de 4000 militants : «Si les nouveaux délinquants mineurs se conduisent comme des adultes délinquants, il convient de les traiter comme tels. Il n’y aura plus d’excuse de minorité. Il sera jugé pour ses actes, comme un adulte. » Il s’attaque de facto à un pilier de l’ère de Gaule : l’ordonnance de 1945, sur la délinquance des mineurs. Cette ordonnance, très imprégnée dans les missions de protection de la jeunesse et de la justice des mineurs, stipule que les jeunes délinquants ont avant tout besoin de protection, plutôt que de répression, étant donné leur statut d’enfant. Il est du devoir de l’État français de protéger les mineurs. Les conventions internationales et européennes sont très claires à ce sujet: un enfant ne peut pas être considéré pénalement responsable au même titre qu’un adulte. Dire le contraire est une négation des droits de l’enfant. Une instrumentalisation honteuse qui ne peut se faire au détriment de personnes mineures. Selon L’Express, la récidive est faible chez les mineurs délinquants (dans 65% des cas, ils n’ont plus affaire à la justice avant leurs 18 ans); seuls 3.6% des 10-17 ans sont mis en cause dans une affaire pénale et le nombre de condamnés est stable depuis 30 ans. Toujours, selon L’Express la justice est beaucoup plus sévère avec les mineurs qu’avec les majeurs puisque le taux de réponse pénale dans les affaires les impliquant est de 94% -contre 91% pour les majeurs.
Bien que selon toutes les enquêtes d’opinion la sécurité est la deuxième préoccupation des Français juste après l’emploi. François Fillon qui a vanté les bienfaits de la colonisation, cette fois-ci cautionne les errements de la police française, il s’exprime ainsi après le soutien déclaré du FN à la police à travers une pétition. L’abaissement de la majorité pénale à 16 ans qui sous-entend l’abaissement du droit de vote, est à la droite ce qu’est le droit de vote des étrangers dans une réunion socialiste, à savoir des hurlements de joie et des applaudissements à tout rompre. Les faits démontrent donc deux choses : une classe politique particulièrement celle de droite, qui pour ratisser large dans l’électorat de gauche se ligue comme un seul homme contre les populations françaises issues de l’immigration, en agitant le spectre de la peur, ce qui conduit inéluctablement à une haine contre les immigrés. Toutefois les relations police-populations en France revêtent de plus en plus un caractère raciste et xénophobe comme aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, peut-on parler d’un mimétisme ? Une thèse que partage le sociologue et directeur au CNRSS Sébastien Roché dans son ouvrage De la police à la démocratie publié aux éditions Grasset en 2016. Il démontre que « lors des contrôles, l’agressivité de la police est trois fois plus importante quand les contrôlés ne sont pas blancs. » malgré l’absence de moralité et d’exemplarité qui caractérise la classe politique française, les soucis de cohésion et d’unité nationale demeurent loin de leurs préoccupations vu que ces derniers prennent à chaque fois un malin plaisir à souffler sur les braises lorsqu’il s’agit de détourner les français de leurs véritables préoccupations.
NegroNews

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