LE VAUDOU : UNE TRADITION AFRICAINE RÉPANDUE OUTRE – ATLANTIQUE

Qu’il soit haïtien ou américain parce qu’il fut déporté par des esclaves noirs, le vaudou est une tradition qui vient d’Afrique. Il trouve ses origines dans une zone du continent qui s’étend du sud et du moyen Bénin et de la région occidentale du Nigéria à celle du bas du Togo, et qui couvre aussi une bonne partie du sud est du Ghana. On y trouve des populations des diverses cultures Yoruba, et des peuples apparentés aux Adja, tels les Fons, les Guins, les Ouatchis ainsi que les Evhés togolais. Toutes ces ethnies, géographiquement et économiquement proches, sont également culturellement reliés par les traditions cultuelles Orisha ou Vodun (Vodou), dont les concepts sont équivalents. D’ailleurs, le terme Vodou ou Vodu semble être composé de « Vo » qui signifie en Fon « sacrifice », et de « Dù » qui veut dire, « sens ou essence » dans la logique spirituelle du terme.

Moitié religieux, moitié magique, le vaudou désignent des êtres surnaturels ou des puissances invisibles que les hommes s’efforcent de contrôler pour se les rendre propices. Leur acception la plus courante concerne les éléments ou les grandes forces de la nature, le Ciel, l’Eau, la Foudre, la Terre. Il est souvent représenté par un serpent non venimeux, à qui l’on attribue le don de prédire l’avenir. Les croyances vaudou se basent sur une généalogie des Dieux, leurs relations mutuelles, leurs fonctions, leurs classifications, à cela s’ajoutent des rites dont usent les prêtres appelés houngan et bokô, rites destinés à honorer les loas, qui représentent des divinités, des génies et des esprits ancestraux que le vaudouisant vénère au cours de la cérémonie. Les loas dont les manifestations peuvent aller jusqu’à la possession se manifestent à différentes occasions, de noces, de deuil, de danses, ou d’autres célébrations.

Il existe un nombre important de loas, notamment Ogou, Erzulie, Dambala, Tit-Jean, Marinette…Souvent, les plus redoutables d’entre eux sont les plus sollicités, ainsi Balé-Rouzé qui rétablit l’ordre avec une grande violence, et le plus connu, Baron-Samedi, génie de la mort et des cimetières. C’est d’ailleurs, dans ceux-ci qu’il est célébré le jour des morts par de femmes habillées de noir et de pourpre. Baron-Samedi s’empare du corps de ses fidèles, qui sont alors pris de frénésie, c’est alors que de leurs bouches sortent des chants obscènes, et ils gesticulent tout en dansant d’une façon lascive, le tout accompagnés de violents déhanchements. C’est également à lui qu’il faut s’adresser pour “fabriquer” un zombie en lui sacrifiant un bouc noir. Pour les catholiques Baron-Samedi serait Satan.

Le vaudou étant une religion évolutive, par le fait déjà qu’il a été déplacé d’Afrique en Amérique ou en Haiti. De fait les ries sont quelque peu différents, ils s’adaptent et évoluent suivant les époques, ainsi, à certaines occasions, ce culte admettait le cannibalisme. Il y a encore quelques années, lorsque l’on constatait la mort, l’inhumation était très rapide, souvent l’enterrement avait lieu le jour du décès, il était alors très simple pour le houngan de venir la nuit déterrer et réanimer la victime. Le but d’une telle pratique étant de faciliter l’enlèvement d’une personne , soit dans le but de la réduire à l’esclavage, soit dans le but de lui voler ses biens. De nos jours, le vaudou est resté très populaire à Haïti, à ces rites de croyance profonde, s’ajoutent un “vaudou touristique”, où de nombreux étrangers paient des sommes assez importantes pour assister à des cérémonies qui tiennent plus du spectacle que de la foi, mais peut-on blâmer la population très pauvre d’essayer de tirer parti d’une coutume qui finalement laisse aux touristes en mal de sensations fortes des souvenirs colorés.

NegroNews

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