HISSÈNE HABRÉ : SON PROCÈS EN APPEL S’OUVRE APRÈS UNE CONDAMNATION À LA PRISON À VIE

Crimes de guerre, crimes contre l’humanité, tortures, viols, tels sont les chefs d’accusation qui ont mené Hissène Hébré, celui qui a été président du Tchad, entre 1982 et 1990, vers une condamnation à la prison à vie. Une décision que les avocats, commis d’office, du président contestent, avec un argument qu’ils jugent « imparable », qui selon eux, atteste d’un vice de procédure devant entraîner l’annulation de la condamnation à perpétuité. Visiblement, un des quatre juges, le Sénégalais Amady Diouf, n’avait pas les dix ans d’ancienneté exigés et n’était donc pas en mesure de juger l’ex-président, « La Chambre d’assises d’appel devra prendre ses responsabilités relativement à cet argument, j’allais dire, choc, à cet argument imparable que nous avions soulevé à l’époque. Le fait que ce juge titulaire ait siégé a clairement et manifestement invalidé la décision qui a été rendue par la Chambre d’assises d’instance », a déclaré Mounir Balal, avocat du président déchu.

Argument de la dernière chance ou argument malhonnête ? Pour Jacqueline Moudeina, une des avocates des victimes, cet argument n’est pas recevable « Pour la simple raison que la nomination de ce juge était sur le site des Chambres africaines extraordinaires pendant des mois, les avocats ont eu le loisir de pouvoir le soulever d’entrée de jeu. Je dirais simplement que ce n’est pas honnête ». Les avocats de Hissène Habré seraient-ils démunis à ce point pour faire preuve d’autant de mauvaise foi ? Il semblerait que non puisque ces derniers ont élaboré une nouvelle stratégie de défense pour ce procès en appel.

Ce 9 janvier à Dakar, s’ouvre le procès en appel, qui sera l’ace final d’une procédure de longue haleine qui a été initiée au début des années 2000. Aucun autre recours ne sera possible après ce procès, tant pour le président déchu que pour ces victimes. À cet effet, les avocats de Hissene Habré tentent le tout pour le tout, en décrédibilisant les témoignages de certains témoins d’une part, comme celui Khadija Hassane Zidane qui a accusé Hissène Habré de viol – ont menti à la barre et ont été poussés par les juges à parler alors que leurs auditions étaient terminées, peut-on lire sur le site de RFI.

Par ailleurs, ils comptent se baser sur le refus de la Cour de faire venir à la barre de nouveaux témoins, notamment Saleh Younous – qui était directeur de la DDS, l’organe de la répression – mais aussi celui qui était son conseiller sécurité à l’époque et l’actuel président du Tchad, Idriss Déby, pour démontrer que l’ex-président Hissène Habré a été jugé à charge. Nous restons dans l’attente de ce verdict qui devra être rendu, au plus tard, le 20 avril, date de la fin du mandat des juges.

NegroNews

 

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