AFRIQUE : L’ALLEMAGNE AUSSI COUPABLE DE COLONISATION ET DE GÉNOCIDES

« Nous ne voulons faire d’ombre à personnes, mais nous réclamons aussi notre place au soleil », explique le ministre des Affaires étrangères, Bernhard von Bullow. Une place au soleil, voilà donc ce que représentait l’Afrique pour les occidentaux ! Quelques bosses de cacaos, quelques tonnes de cafés, des matières premières à volonté, voilà donc ce pourquoi des génocides ont été orchestrés en Afrique pendant la colonisation. Cette Afrique qu’on taxe aujourd’hui d’être à la marge du développement, trop souvent comparée aux États qui se sont longtemps nourris sur son dos exterminant à l’occasion ses hommes.

Quand on parle de colonisation en Afrique, on l’associe très souvent à la France. À raison d’ailleurs, car la France est le pays colonisateur qui semble ne pas vouloir se détacher de ses «anciennes» colonies. Allant toujours jusqu’à se mêler de leur politique interne. Cela nous emmène parfois à négliger le rôle des autres pays, qui ont pourtant joués le même rôle lors de la colonisation. Le cas de l’Allemagne, très peu évoqué, mais pourtant aussi lourd de conséquences est bien souvent occulté au profit de l’histoire du règne sanglant d’Hitler.

Pourtant, à partir de 1884, l’Allemagne réclame sa part du « gâteau » africain. Elle s’arroge ainsi la Namibie, le Togo, le Cameroun, avant de conquérir quelques États du l’Afrique de l’Est (Tanzanie, Rwanda, Burundi) et du Pacifique (Nouvelle-Guinée et Îles Mariannes). Ce fut le début de la colonisation allemande. Elle ne fut pas aussi longue que celles des autres colonisateurs (trente-cinq ans), mais elle n’était pas pour autant moins sanglante.

Minerais, coton, diamants, café, cacahuètes, voilà ce pourquoi des Africains subissaient nuits et jours la tyrannie, l’augmentation des impôts, les sévices corporels et la dureté des travaux que leur imposaient les 30 000 colons allemands installés sur leurs terres. Les esclaves d’hier décident alors de se révolter entre 1905 et 1907, faisant ainsi 180 000 morts au sein de la société civile, 450 parmi les soldats africains et seulement 15 parmi les soldats allemands, lors de la guerre de Maji-Maji en Afrique orientale. En Namibie, en 1904, les Hereros et les Namas prennent les armes et seront anéantis sous l’ordre du chef militaire Lothar von Trotha. Les survivants mourront eux de faim et de soif dans les camps e concentration allemands.

Aujourd’hui en Allemagne une exposition permet de reconstituer cette période de l’oppression allemande en Afrique. Mais alors que certains visiteurs estiment que « cette exposition est déjà un pas énorme (…) mais j’aurais voulu qu’ils aillent plus loin dans la condamnation de la colonisation. » comme Heli, la soixantaine. D’autres rabâchent l’éternel argument des bienfaits de la colonisation démontrant bien la mauvaise foi de certains : « massacres, violences, tyrannie, n’y avait-il donc que cela ? Où sont les bons côtés ? » Ose s’insurger Hans 45 ans. Comprenez par bons côtés, les infrastructures construites uniquement pour les besoins de la colonisation et non des Africains.

Nous n’évoquerons jamais assez la période sombre que représente la colonisation pour les Africains. Mais elle doit permettre à ces derniers de mieux connaître notre histoire qui reste jusque-là peu optimiste, car relatée par les colonisateurs. Et justifiée par néo colonisateurs intellectuels. Mais elle reste tout de même le point de départ pour la construction d’une nouvelle Afrique délivrée de ses chaînes.
NegroNews

Commentaires

commentaires

Archives

%d blogueurs aiment cette page :