COMMENT LE GHANA EST DEVENU LE CHAMPION DE LA DÉMOCRATIE ?

En matière de démocratie, le Ghana est certainement en Afrique le champion, à ses cotés nous avons assurément le Bénin qui fait honneur à l’Afrique Francophone, mais également le Nigeria. Le Ghana vient d’élire son nouveau président, le quatrième en une quinzaine d’année. Cette réalité politique ghanéenne nous interpelle forcement quand on sait qu’en Afrique noire, la norme généralement c’est des échéances électorales sous tension, des fraudes massives, des période post-électorales incertaines pour les citoyens.

Le Ghana est assurément un exemple pour les autres nations africaines qui n’ont pas une culture démocratique forte. « C’est un exemple rare de la démocratie en Afrique », expliquait à l’AFP, un ancien Premier ministre kényan il y’a quelques années déjà. Et pour preuve, le candidat victorieux des élections récentes a par deux fois perdu de peu les élections, avec des scores assez serrés, mais a toujours reconnu sa défaite, en grand démocrate.

Pour Prince Ofori-Atta, rédacteur en chef de la version anglaise d’Afrik.com et de nationalité ghanéenne, l’éducation a joué un rôle capitale pour l’implantation de la démocratie dans les mœurs. « Après l’indépendance, en 1957, l’objectif principal du gouvernement était l’éducation nationale. Cette vision contraste avec celle des autres pays comme la Côte d’Ivoire. Au Ghana, les présidents voulaient éduquer le peuple, en Côte d’Ivoire ils voulaient les nourrir, c’est là toute la différence. Une phrase du chef d’Etat Ghanéen, Kofi Bozia (1972-1978) illustre la politique de ce pays du Gold Coast : « Donne à manger à quelqu’un et il reviendra te redemander de la nourriture, donne-lui des outils de développement et il ira se chercher lui-même à manger  » », expliquait-il.

Cependant cela n’a pas été un long fleuve tranquille, le Ghana a lui aussi connu sa part d’instabilité, de coups d’Etat. Celui du colonel Ignatus Acheampong en 1972, mais également et surtout celui de Jerry Rawlings en 1981. Grand ami à Sankara, porteur d’un véritable idéal social, Jerry Rawlings est celui qui a permis l’installation d’une réelle politique économique et quelque peu une réduction considérable de la corruption dans le pays.

Néanmoins, l’honnêteté intellectuelle nous impose de reconnaître que l’élection de Nana Akufo-Addo a quand même montrée un visage fragile et limité des institutions ghanéennes, celles-ci sont apparues sous pressions. Cela montre tout de même que la démocratie n’est pas un acquis et qu’elle impose de ceux qui veulent en jouir un combat de tous les instants.

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