[SOCIÉTÉ] AFRIQUE : CES FEMMES QUI OSENT.

 

Appelée « le sexe faible » ou « Le Deuxième Sexe » par Simone de Beauvoir, la femme a connu des variations dans sa considération auprès du sexe opposé. En Afrique particulièrement, la femme a longtemps assumé le métier de mère, assurant l’éducation de sa progéniture. Elle a toujours été considérée comme la femme au foyer, avec le devoir d’assurer le bien-être de sa famille et de servir son homme en particulier. Une mission largement légitimée par la tradition africaine. Dans le monde, sa place a réellement évolué. En France en 1944, les femmes votent pour la première fois, malgré cela, la montée fulgurante du féminisme traduit un combat de longue haleine pour l’affirmation réelle de la condition féminine. Depuis, leur avis et leur place dans la société gagnent plus d’importance.

Longtemps privées de réaliser de longues études, encore aujourd’hui, les femmes ont plus de mal à s’intégrer dans la vie active. On assiste néanmoins à la montée d’une volonté d’autonomie chez les femmes. Beaucoup étant amenées par la force des choses à s’occuper toutes seules de leurs enfants, doivent avoir une source de revenus pour subvenir à leurs besoins. Si en Afrique l’affirmation féminine a très souvent été politique avec des exemples tels que : Ellen Sirleaf Johnson, Wangari Maathai ou encore Nkosazana Dlamini-Zuma. Le combat pour l’émancipation de la femme africaine, est aussi économique. C’est d’ailleurs ce qu’une étude menée par la Banque Africaine de Développement révèle : « le continent détient le plus fort pourcentage de femmes au sein de conseil d’administration, soit 14,4 % contre 9,8 % pour l’Asie-Pacifique, 8,5 % pour l’Amérique Latine et les Caraïbes et seulement 1 % pour le Moyen-Orient. Mais si elles sont nombreuses au poste de vice-PCA, très peu atteignent la présidence des Conseils d’Administration (PCA) de grandes structures ». Tel que le rapporte le journal La Tribune, une nouvelle génération qui ne manque pas de dynamisme est en marche.

La Nigériane Ibukun Awosika est la première femme présidente du Conseil d’Administration dans l’histoire de la First Bank of Nigeria, au même titre que Lala Moulaye Ezzedine à la Bank of Africa en Côte-d’Ivoire. Riche de son parcours de formation, elles ont su convaincre la gente masculine de leurs compétences et leur mérite à pouvoir tenir cette fonction. Dans un autre registre, sous d’autres conditions et sur la base d’autres critères, Isabel Dos Santos, fille d’Eduardo Dos Santos président angolais depuis 37 ans maintenant, est à la tête du conseil d’administration de la compagnie nationale d’hydrocarbures.
Miriem Bensalah Chaqroum la patronne des patrons au Maroc, Stella Kilonzo, la Kenyane chef de la division des affaires de la BAD, Viviane Bakayoko directrice générale de la banque du groupe américain Citybank en RDC, Anta Babacar Ngom Bathily directrice du groupe Sodima au Sénégal et bien d’autres sont autant de femmes compétentes et méritantes du continent africain.

Dans un continent ou plus de la moitié des habitants est constitué de femmes, il est important qu’elles prennent leur place dans le tissu économique et politique afin de participer au développement de notre continent. Car malgré le peu d’exemples honorables cités plus haut, très peu de femmes sont actives en Afrique, en comparaison à d’autres continents. Joignons-nous au combat de Michelle Obama et de la Nigériane Ibukun Awosika afin de promouvoir l’éducation de la femme et particulièrement de la femme africaine. Si comme l’affirme Aimé Césaire « la femme rayonne le langage » il est indéniable aujourd’hui que le rayonnement de l’Afrique ne se fera sans elle.

NegroNews

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