[POLITIQUE] GAMBIE : YAHYA JAMMEH, PROTECTEUR DES GAMBIENNES ?

Ce mercredi 6 juillet 2016, la Gambie a procédé à une évolution pour les droits de ses citoyens et notamment pour les droits de ses citoyennes. En effet, le président Jammeh a annoncé l’abolition des mariages avec des fillettes.

En effet, après en avoir fait l’annonce auprès des hauts dignitaires musulmans du pays, Yahya Jammeh a annoncé au pays « A compter d’aujourd’hui, 6 juillet, le mariage des enfants est illégal et est interdit en Gambie ». Cette déclaration a rendu officielle la décision du gouvernement, décision qui est entrée en vigueur le jeudi 7 juillet. Actuellement, les députés sont en train de travailler sur un projet de loi qui sera présenté et voté le 21 juillet prochain. Cette décision apparaît comme historique dans un pays où bien des jeunes filles sont mariées bien avant leur majorité du fait du poids économique qu’elles peuvent représenter pour leur famille, mais aussi de la dot qu’elles peuvent rapporter. Rappelons que le président n’en est pas à sa première avancée sociale : en novembre 2015 il avait pénalisé les mutilations génitales féminines.

Yahya Jammeh s’est fait juriste et a annoncé les peines encourus : « Quiconque épouse une fille n’ayant pas atteint l’âge de 18 ans fera 20 ans de prison. Les parents de la fille feront 21 ans en prison et toute personne ayant connaissance de ce mariage et ne l’ayant pas signalé aux autorités fera 10 ans de prison. L’imam et tous ceux qui dirigeront la cérémonie de mariage seront également envoyés en prison. ». Le président a donc décidé de sévir dans ce pays où, selon un rapport de la fondation Ford, en 2010 38,8% des jeunes filles de 15 à 18 ans étaient déjà mariées. La loi concernera aussi tous les mariages forcés, qu’ils soient réalisés à 10 ans comme à 40 ans. Yahya Jammeh donne un peu d’espoir aux femmes gambiennes, une promesse de choix et d’un meilleur avenir.

La Gambie rejoint donc le camps des abolitionnistes tout comme la Tanzanie qui a pris cette décision la même semaine. Rappelons que dans des pays comme la République de Centrafrique, le Tchad, la Guinée, le Mali et le Niger sont des pays où il y a actuellement plus de 60% des filles qui sont mariées avant leur 18 ans. Bien sûr, c’est dans les 20% les plus précaires de la population que l’on trouve encore ce genre de pratique, pour les raisons citées plus haut. Le mariage des fillettes représente un danger pour leur éducation, leurs maris ne les envoyant pas à l’école, mais aussi quant aux grosses prématurées, qui augmentent le chiffre de mortalité infantile, elles sont d’ailleurs plus vulnérables aux MST. Les cas de maltraitances sont aussi plus nombreux dans le cadre de mariages prématurés afin de rendre la jeune mariée « plus dociles » pour plus tard.

NegroNews

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