L’EXIL DU ROI BÉHANZIN EN MARTINIQUE

À la fin du XIXe siècle, les principales puissances européennes se sont lancées dans la course à la colonisation. Durant l’année 1890, la France déclare la guerre au royaume du Dahomey (sud-ouest de l’actuel Bénin), dirigée par le roi Béhanzin.

Il s’ensuit une première guerre qui permet à la France d’obtenir des droits sur le port de Cotonou moyennant une somme annuelle de 20000 francs. Toutefois ce n’est que temporaire, la guerre reprend de plus belle. Les troupes françaises ont cette fois à leur tête le général Alfred  Dodds, qui dispose de 2164 hommes lourdement armés.

L’armée fon se bat vaillamment durant deux ans contre l’armée française. Mais elle est vaincue et les célèbres Amazones du Dahomey sont décimées.

Le roi Behanzin signe alors sa reddition le 15 janvier 1894 et est exilé vers l’île de la Martinique. Il y arrive le 30 mars 1894, accompagné de sa cour comprenant quatre de ses épouses (Etiomi, Sénocom, Ménousoué et Dononcoué), ses trois filles (Mécougnon, Kpotassi et Abopanou) et son jeune fils Ouanilo. À leurs côtés, un parent jouant le rôle de secrétaire : Adandédjan, ainsi qu’un interprète prénommé Fanou, accompagné de son épouse Falégué.

Il est triste et taciturne, restant souvent assis sur une chaise regardant la mer en fumant sa pipe. Sans relâche, chaque six mois, Behanzin réclame à la France le droit de rentrer dans son pays natal. En 1906, les autorités françaises lui accordent le droit de quitter la Martinique. Mais il est jugé indésirable au Dahomey par le ministre des colonies. Il est dirigé à Alger où il décède loin de sa patrie, le 10 décembre 1906, déprimé et malade.

En 1928, sous l’action de son fils, ses cendres sont rendues au Dahomey.

Béhanzin est pour tous un héros, symbole de courage et d’un amour indéfectible pour l’Afrique.

Nos hommages.

NegroNews

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