[ACTUALITÉ] AU MOZAMBIQUE, L’AVORTEMENT NE SERA PLUS CONSIDERÉ COMME UN CRIME

Le président Armando Guebuza a promulgué jeudi 18 décembre dernier une loi de révision du Code pénal qui lève certaines interdictions concernant l’avortement, qui était jusqu’a ce jour considéré comme un crime au Mozambique.

La promulgation de cette loi est un pas essentiel vers la possibilité pour les femmes mozambicaines de mettre fin volontairement à des grossesses non désirées. Le Mozambique devient ainsi le quatrième pays d’Afrique à dépénaliser l’avortement après l’Afrique du Sud, la Tunisie et le Cap-Vert.

Selon l’Union suisse pour décriminaliser l’avortement (USPDA) qui lutte pour le droit à une maternité librement choisie, le taux d’avortement moyen pour l’Afrique chez les femmes de 15-44 ans, est estimé à 29 pour 1 000 et les décès suite aux complications sont estimés à 30 000 par an.

Dans la plupart des pays africains, les lois sont très restrictives en matière d’interdiction de l’avortement mais cela n’empêche pas pour autant cette pratique. Au Nigeria par exemple, le nombre d’avortements est estimé à plus de 600 000 par an malgré une loi extrêmement restrictive sur le sujet. Le taux d’avortement est de 25 pour 1 000 femmes de 15 à 44 ans, et malheureusement 60 % de ces interventions sont faites par des non-professionnels ou par la femme elle-même souvent dans des conditions sanitaires déplorables et dangereuses.

Mais en même temps, dans des pays comme le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Malawi, le Mali ou encore le Togo, il existe des les législations plus permissives, applicables si cela permet de sauver la vie de la femme.

Au Togo, par exemple, la loi autorise l’avortement en cas de viol, d’inceste prouvée, ou si les conditions de santé de la femme ne lui permettent pas de mener à terme sa grossesse après avis d’un comité de 3 médecins. Hélas, cette législation est peu connue puisque la majorité de population ne connait pas le code de la santé et la tendance reste à recourir à une procédure clandestine, l’avortement demeurant tabou.

Cette nouvelle loi désormais promulguée au Mozambique autorise les femmes à avorter dans les 12 premières semaines de grossesse, 16 en cas de viol ou d’inceste, avec le consentement écrit de la mère et de deux médecins. Ces interruptions volontaires de grossesses devront être assurées par des médecins habilités et dans des établissements de santé officiellement reconnus.

NegroNews

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