LE GÉNOCIDE DES HEREROS, LES PREMIERS CAMPS DE CONCENTRATION

C’est un pays que peu de gens réussiraient sans hésiter à situer sur une carte du monde. Un pays dont on ne parle quasiment jamais. Un pays oublié.

Seul avec son passé. Seul avec son drame.

C’est là pourtant que tout a commencé, là qu’est né le nazisme bien avant l’heure, là qu’ont été expérimentés les premiers camps de concentration bien avant la Seconde Guerre mondiale, là qu’on été jetées les bases de la solution finale bien avant l’avènement d’Adolf Hitler.

Ce pays immense et désertique, c’est la Namibie dont l’effroyable histoire histoire a été jusqu’ici éclipsée par celle de son puissant et omniprésent voisin, l’Afrique du Sud, avec lequel il partage une frontière et des douleurs communes.

Quand les premiers colons allemands débarquent sur les côtes, en 1870, la Namibie est une mosaïque de peuples divisés entre Ovambo, Kavango, Nama ou encore Herero. Une désunion dont joueront d’ailleurs les Allemands pour s’aventurer et s’installer à l’intérieur des terres.

Des Allemands qui découvrent très vite les richesses du sous-sol namibien avec sa profusion de cuivre et surtout de diamants. Pour exploiter ces gisements et étouffer toute velléité de contestation, le chancelier Otto von Bismarck nomme en 1884 un gouverneur civil chargé d’administrer la nouvelle colonie.

Cet homme, dont le nom de famille nous est devenu, depuis, tristement commun, c’est Heinrich Goering, le père d’Hermann Goering, qui deviendra plus tard l’un des plus hauts dignitaires nazis.

Heinrich Goering a recours, pour remplir sa tâche, à des méthodes expéditives : déplacement des populations parquées dans des réserves radicales et réduites en esclavage, exécutions sommaires en cas de résistance et confiscation systématique des terres et du bétail.
Pour la première fois le terme « KONZENTRATIONSLAGER » « camps de concentration » est utilisé en Afrique du sud officiellement dans un télégramme de la chancellerie daté du 14 janvier 1905. «Dés leur arrivée dans ces camps de travaux forcés clos par de hauts barbelés, les Hereros sont tatoués de lettres : GH pour Gefangener Herero ce qui signifie Hereros capturé» en quelques mois 80% de la population Herero sera éliminé.

Un véritable génocide. Malnutrition, mauvais traitement, exécution sommaire, des malades et des plus faibles, ce ne sont pas moins de 7 862 Herero, soit la moitié des détenus qui meurent en captivité.

Il mène sur les femmes des travaux de stérilisation pour s’assurer que les rapports sexuels qu’elles entretiennent avec les colons ne menacent pas la pureté du sang allemand.

En 1932, un an avant son arrivée au pouvoir Adolph Hitler dans un discours d’une rare violence, prononcé à Breslau, menace ni plus ni moins d’envoyer « les africains et les juifs dans les camps de concentration s’ils ne quittent l’Allemagne immédiatement »

Les Nazis n’ont pas à chercher loin, ils se sont inspirés de l’expérience namibienne : baraques en bois, barbelés, miradors, travaux forcés, humiliations, bastonnades.

Source: Noirs dans les camps Nazis de Serge Bilé

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