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[SOCIÉTÉ] MISS FRANCE : LES CANDIDATES NOIRES ET LE DIKTAT DU CHEVEU LISSE

Le cheveu lisse : un diktat imposé par la société

En France, il est d’ordinaire rare de voir des Noirs arborer des coiffures ethniques ou laissant leurs cheveux crépus ou frisés à l’air libre, dans les médias. Il suffit de regarder les magazines communautaires noirs pour constater que les femmes en couverture montrent le plus souvent une chevelure lisse (tissages, perruques, défrisages). En outre, les rares afro-descendants intellectuels visibles à la télévision présentent soit une crinière lisse en référence à Audrey Pulvar, soit une tête complètement rasée en référence à Harry Roselmack. Dernièrement, on peut souligner que même au niveau des classes moins aisées, ce diktat du cheveu lisse est bien présent. On peut donner l’exemple récent du steward Aboubakar Traoré, travaillant chez Air France, qui a été interdit de vol à cause de sa coiffure ethnique (petites tresses collées). Pourtant sa coiffure correspondait aux critères du règlement en vigueur.

La donne change : les cheveux crépus et coiffures ethniques bientôt réhabilités ?

La première personne célèbre et d’ascendance africaine dans le domaine de la politique, à porter des nattes collées au quotidien, est Christiane Taubira. Elle est désormais Ministre de la Justice donc dispose d’une grande visibilité et nous montre qu’une femme noire peut réussir en portant une coiffure qui ne correspond pas au standard de la beauté occidentale. Dans la même catégorie, on peut citer Rama Yade. De plus, en 2012, il y a eu un véritablement engouement autour du cheveu crépu, toutes classes sociales confondues. On peut noter que la chanteuse Inna Modja qui affiche sans complexe son afro libre, a été nominée aux Victoires de la Musique. Son choix esthétique n’a donc pas été un obstacle à sa réussite. Aussi, le magazine Amina a consacré en septembre, un dossier de 32 pages spécial cheveux, célébrant principalement le retour au naturel. Cette liste d’exemples n’est absolument pas exhaustive.

Une quête identitaire non reconnue au sein de la société ?

On observe parfois sur le web, des débats virulents entre soeurs sur les cheveux, certaines déclarant que la coiffe ne définit pas l’identité, d’autres affirmant au contraire que la coiffe fait partie de l’identité de la personne et que si cette dernière se plie aux canons de beauté occidentaux, elle rejette donc une partie d’elle même. Selon Tropiques Fm Officiel, la candidate Miss Martinique au concours Miss France 2013, qui a choisi de montrer un afro libre, aurait subi les moqueries de bon nombre de personnes issues des communautés noires sur les réseaux sociaux. De remarques bon enfant comme « Jackson Five » à des remarques déplacées.
Peu importe, nous Africains et afro-descendants fiers et conscients avons été ravis de voir cette Miss accomplir un acte qui peut être qualifié de militant, dans une société où le cheveu crépu est méconnu et pas encore assez valorisé. Il ne faut pas oublier non plus que la première miss noire de France, Miss France 1993, a été la pionnière dans ce militantisme capillaire.

Image d’illustration : Miss France 1993 à gauche, et Miss Martinique, la troisième dauphine de Miss France 2013, à droite.

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