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Le prix Nobel de la paix 2019 attribué au Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed

Le prix Nobel de la paix 2019 a été attribué ce vendredi au Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, qui a contribué à la réconciliation de son pays l’année dernière avec l’Erythrée. Il a reçu cette distinction pour ses efforts en faveur de la « paix et de la coopération internationale ». L’accord de paix conclu entre M. Abiy et l’Érythrée a mis fin à 20 ans d’impasse militaire après la guerre frontalière de 1998-2000.

Lauréat du 100e Nobel de la paix

Reconnaissance internationale pour une force tranquille et discrète. Ce 11 octobre, à 43 ans, l’actuel Premier ministre éthiopien été nommé lauréat du 100e prix Nobel de la paix à Oslo, qu’il recevra en décembre. Une distinction qui vaut environ neuf millions de couronnes suédoises (environ 900 000 dollars). Au total, 301 candidats avaient été nominés pour ce prix prestigieux, dont 223 personnes et 78 organisations.

Il y avait eu de grandes spéculations au sujet du récipiendaire de cette année, l’activiste pour le climat Greta Thunberg étant largement désignée comme la favorite. En vertu des règles de la Fondation Nobel, la liste de présélection ne peut être publiée avant 50 ans, et l’organisation affirme que toute spéculation en amont de cette annonce est « pure devinette ».

Après être devenu Premier ministre en avril 2018, M. Abiy a introduit des réformes de libéralisation massives en Éthiopie, ébranlant ainsi une nation étroitement contrôlée. Il a libéré des milliers de militants de l’opposition de la prison et a autorisé les dissidents exilés à rentrer chez eux. Plus important encore, il a signé l’accord de paix avec l’Erythrée. Mais ses réformes ont également permis de lever le voile sur les tensions ethniques en Éthiopie et la violence qui en a résulté a contraint quelque 2,5 millions de personnes à quitter leur domicile.

Artisan actif de la paix

M. Abiy a été honoré pour son « initiative décisive visant à résoudre le conflit frontalier avec l’Erythrée », a expliqué le Comité Nobel norvégien. « Le prix vise également à reconnaître toutes les parties prenantes œuvrant pour la paix et la réconciliation en Éthiopie et dans les régions de l’Afrique de l’Est et du Nord-Est ».

« La paix ne résulte pas des agissements d’une seule partie. Lorsque le Premier ministre Abiy a tendu la main, le président Afwerki l’a saisie et a contribué à formaliser le processus de paix entre les deux pays », a ajouté le Comité Nobel qui « espère que l’accord de paix contribuera à apporter un changement positif pour l’ensemble des populations de l’Éthiopie et de l’Érythrée ».

Le bureau du Premier ministre Abiy a déclaré que ce prix témoignait « des idéaux d’unité, de coopération et de coexistence mutuelle que le Premier ministre défend depuis toujours ».

Une place dans l’histoire

Abiy Ahmed est né en 1976 dans la zone de Jima, dans le sud de l’Éthiopie, d’un père musulman oromo et d’une mère chrétienne amhara. Il est titulaire de plusieurs diplômes, dont un doctorat en questions de paix et de sécurité de l’Université d’Addis-Abeba et une maîtrise en leadership transformationnel de l’Université de Greenwich, à Londres.

Adolescent, il a rejoint la lutte armée contre l’ancien régime du Dergue et a finalement atteint le rang de lieutenant-colonel, en mettant l’accent sur les services de renseignement et de communication. En 1995, il a servi de soldat de la paix de l’ONU au Rwanda. Au cours du conflit frontalier avec l’Érythrée en 1998-2000, il a dirigé une équipe d’espionnage dans le cadre d’une mission de reconnaissance dans les zones contrôlées par les Forces de défense érythréennes.

L’année dernière, avait été attribué été attribué au docteur Denis Mukwege, gynécologue congolais, et à la militante irakienne Nadia Murad pour leurs efforts pour mettre fin à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre.

Parmi les autres lauréats du prix Nobel de la paix, on trouve les anciens présidents américains Jimmy Carter (2002) et Barack Obama (2009), la militante pour l’éducation des enfants Malala Yousafzai (2014), l’Union européenne (2012), les Nations Unies et son secrétaire général de l’époque, Kofi Annan (en 2001) et Mère Teresa (1979).

Stéphane BAI

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