ITALIE : LES MIGRANTS AFRICAINS EXPLOITÉS PAR LA MAFIA

Les chiffres défilent sans être relevés systématiquement, mais chaque jour, l’Italie continue d’accueillir des migrants sur son sol, après avoir été sauvés au large de la Libye. Une aventure périlleuse qui n’est pas sans risques. L’Italie, principale porte d’entrée vers cet eldorado qu’ils miroitent peut pourtant s’avérer un véritable enfer pour les migrants qui arrivent à la franchir. Chaque jour, des dizaines de migrants africains tentent l’aventure périlleuse vers l’Europe. L’Italie, principale porte d’entrée vers cet eldorado qu’ils miroitent peut pourtant s’avérer un véritable enfer pour les migrants qui arrivent à la franchir. En Calabre le calvaire continue, dans les champs où ils sont exploités par la mafia locale.

Ainsi, en Calabre, à l’extrême-sud de l’Italie, tout un marché de travail illégal s’est mis en place autour des migrants africains. Ils sont exploités comme main d’œuvre dans les champs, sans aucun respect des normes. Les ouvriers sont logés sous des tentes ou dans des blocs de béton bâtis à la va-vite, sans eau sans électricité. On aperçoit ces Africains dans les champs alentour : certains gardent les troupeaux, la plupart font les récoltes. Agrumes et pommes de terre l’hiver, tomates l’été. Le dispensaire de l’ONG Emergency est la seule structure dédiée à ces personnes. Jean De Dieu y est infirmier et soigne des blessures aux mains, aux pieds, et des lombalgies. Les patrons, eux, il ne les voit jamais.

Un Gambien de 40 ans, qui a pu témoigner sous le couvert de l’anonymat, dépeint des conditions de vie et de travail insupportable, pour des broutilles. “Tous les jours, on se réveille à 5h du matin”, avance-t-il. “On attend à des carrefours que les caporaux viennent nous prendre. Le travail est très dur, tu fais la cueillette 10 heures par jour. Parfois, on a des contrats, mais ce sont des bouts de papier, qui n’ont aucune valeur. Il peut être écrit 40 euros dessus et tu es payé la moitié. Ils t’exploitent le plus possible”, a-t-il ajouté.

En effet, si cette filière informelle prend de l’ampleur, c’est bien parce que des gérants de centres qui proposent des solutions d’accueil et d’hébergement aux migrants y sont impliqués. « Il faisaient office d’intermédiaires. Ils sélectionnaient les hommes à envoyer au travail pour le compte de patrons agriculteurs », a ajouté la procureure. Pourtant, insiste-t-elle, ces gérants “sont payés par l’État… de 35 euros par jour et par migrant.”
En 2016, Salvatore Buzzi, un patron de la mafia italienne et gérant d’un centre d’accueil a créé une onde de choc dans le pays pour des propos sur les migrants. “Tu sais combien je gagne, moi, avec les migrants ?”, lançait-il dans une conversation téléphonique enregistrée dans le cadre d’une enquête pour corruption, et relayée dans l‘émission “Envoyé spécial” de France 2. « T’as une idée de combien je gagne ? La drogue est moins rentable ! », Répondait Salvatore Buzzi à son interlocuteur qui semblait douter de ses propos. Depuis, il est détenu dans le cadre de l’enquête pour corruption.
NegroNews

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