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[SOCIÉTÉ] GUADELOUPE : SUR LE TERRAIN AVEC LES MÉDIATEURS DE RUE

Difficile de faire un pas dans les rues de Baie-Mahault sans qu’il ne salue une connaissance ou qu’on vienne lui taper dans la main. Frédéric Dumesnil, plus connu sous le nom de «Bawana», est une figure de cette commune de 30 000 habitants. Avec son compère Alex Ignace, ce jeune homme de 34 ans compose la dynamique et efficace cellule insertion de la ville installée au coeur du centre de ressource jeunesse.

«On connaît tout le monde et tout le monde nous connaît, explique fort justement ce solide gaillard souriant aux bras recouverts de tatouages. On est là pour accompagner toutes les personnes en détresse, qu’elles soient soit familiale, financière ou professionnelle. Cela va du simple jeune qui a eu son Bac et s’interroge sur son orientation à celui qui sort de prison sans perspective.» De l’avis de nombreux observateurs locaux, Baie-Mahault, sous l’impulsion de son député-maire (DVG) Ary Chalus, fait office de bon élève en matière de prévention de la délinquance. De bons résultats que l’on doit notamment à la présence des deux médiateurs.

«On a déjà arrêté des bagarre ou ramené des armes à la police municipale»

Sur le terrain en permanence, Frédéric et Alex sont susceptibles d’être appelés à tout moment, même en plein milieu de la nuit. «On a déjà arrêté des départs de bagarre ou ramené des armes à la police municipale», rappelle Bwana. Le mois dernier, ils sont par exemple venus en aide à Kevin. Un peu timide, cet adolescent de 17 ans la tête recouverte de dreadlocks a déjà un enfant à charge. Et beaucoup de soucis avec sa belle-famille. Ce soir là, il avait été menacé par un parent armé d’un fusil. «C’est la mère de Kevin qui m’a appelé, se souvient Frédéric. Il s’était enfui et caché. Je l’ai retrouvé et ramené chez sa mère. Puis je suis allé voir celui qui l’avait menacé car je le connais. Je voulais récupérer son fusil mais il n’a pas voulu. Je lui ai au moins fait passer le message qu’il devait régler ses problèmes par la parole, pas par des armes. Depuis, on n’entend plus parler de lui.»

A la dérive, déscolarisé, Kevin a finalement été orienté vers le centre d’adaptation à la vie active où il va pouvoir débuter une formation en alternance dans les espaces verts. Brentton, 19 ans, a lui aussi déserté l’école un an. «J’ai galéré en enchaînant les petits jobs au black, raconte ce jeune garçon au visage doux. Et puis on m’a parlé du centre et j’ai rencontré Alex. Il m’a aidé à trouver une formation. Aujourd’hui je me sens bien. Je ne suis plus angoissé.» A Baie-Mahault, la mairie a développé la police municipale mais aussi mis l’accent sur la formation des jeunes.

«La meilleure réponse à tous ces jeunes est simple: vivre»

«La meilleure réponse que l’on doit donner à tous ces jeunes est simple: vivre», martèle Ary Chalus qui a, pêle-mêle, mis en place des préparations à l’examen du permis de conduire, créé une entreprise d’insertion ou encouragé le service civique. Et quand on lui fait remarquer qu’il est à la tête de la commune la plus riche du département grâce à la présence de la zone industrielle de Jarry, le poumon économique de la Guadeloupe, l’élu s’agace: «Beaucoup de choses peuvent se faire sans moyens. Il faut d’abord de la volonté.»

A leur niveau, Frédéric et Alex se battent contre l’oisiveté des jeunes qui, selon eux, forme, avec le contexte économique difficile et la drogue, l’un des principaux facteurs de la délinquance. Tous les soirs par exemple, des cours de sport ont été mis en place. Régulièrement, les deux «grands frères» font le tour des quartiers de la ville. Au détour d’un carrefour, juché sur son scooter, voilà justement «Ti-Tcho», 23 ans, employé municipal le jour et star montante de bouillon, le zouk local, le soir. «J’ai eu des petits soucis avec la justice, j’avais de mauvaises fréquentations, admet ce jeune homme au look très soigné. Il y avait pas mal de problèmes à Baie-Mahault, de la violence, des armes à feu. Mais ça a évolué. Et puis grâce à Bawana qui est devenu mon manager, je me suis remis dans le droit chemin.»

Source : Le Parisien

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