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QUE FAUT-IL RETENIR DES 100 PREMIERS JOURS D’ADAMA BARROW ?

Pas grand chose, si ce n’est: qu’il aura marqué ses 100 premiers jours par le sceau de l’échec. Dimanche dernier, le 28 mai, le sauveur de Banjul, le tombeur de l’homme en boubou blanc (après 22 ans de dictature), célèbre ses 100 premiers jours à la tête de la Gambie. Celui qui déclarait le 18 février (date de sa prestation de serment à Dakar) que « la Gambie a aujourd’hui changé pour toujours», n’a pourtant rien changé depuis 100 jours.

Premier faux pas du nouveau président.
Officiellement, il n’y a pour l’instant toujours pas de vice-président : le président gambien souhaite nommer à ce poste Fatoumata Tambajang. D’après la Constitution gambienne, Fatoumata Tambajang n’est pas éligible à ce poste. Une révision de la loi fondamentale devrait permettre à cette dernière d’occuper cette fonction et de l’exercer officiellement. À l’Assemblée nationale, aucune des réformes promises par le président gambien n’ont pas encore été présentées. Pourtant, le président gambien a obtenu la majorité lors des législatives d’avril dernier. Les premières réformes sont attendues « d’ici la fin du mois d’août » a confié le gouvernement.

La situation n’est guère reluisante du point de vue social.
Lorsqu’Adama Barrow prend le pouvoir, celui-ci est confronté à une Gambie où 50 % des 2 millions d’habitants sont pauvres et le taux de chômage culmine à 30%. Face à la bombe sociale, le nouveau président promet de mettre en place un comité d’experts devant plancher sur un plan triennal (2017-2020) pour restructurer et diversifier l’économie gambienne qui ne se nourrit que de l’agriculture et des recettes touristiques. Cette commission n’a toujours pas rendu copie…

À l’international, la Gambie est revenue sur l’échiquier politique, fréquentable pour la communauté internationale.
Sous Adama Barrow, le pays a renoncé à la « République islamique » de Jammeh pour devenir laïc. Il a aussi réintégré la Cour pénale internationale (CPI), dirigée par l’ancienne ministre de la Justice de Jammeh, Fatou Bensouda, et le Commonwealth que l’homme au boubou blanc qualifiait de «néocolonialistes». Dans le même mouvement, les institutions internationales bannies ou interdites sous Jammeh ont marqué leur grand retour. Au plan judiciaire, Adama Barrow a obtenu la libération d’opposants politiques et le gel des biens de l’ex président Yahya Jammeh. Il a également rebaptisé le puissant service de renseignements, NIA en Services d’intelligence d’Etat (SIS). Le procès d’anciens agents des services secrets traîne depuis des mois.

Sur le plan économique, la situation du pays est des plus lamentable.
Les caisses de l’État sont vides. Le chef de l’Etat Gambien espère les renflouer grâce à l’aide internationale. Il mise aussi sur les investissements étrangers. L’autre difficulté économique en Gambie, et pas des moindres, c’est le chômage. En 2016, il était estimé à 29,70 % à l’échelle nationale selon la Banque Mondiale.

Finalement, le plus gros changement, c’est cette liberté d’expression retrouvée. Pour le ministre de l’Information, Demba Jawo, les détracteurs oublient un peu vite l’un des plus gros progrès réalisés depuis le départ de Yahya Jammeh. Une liberté que les Gambiens n’hésitent pas à utiliser pour commencer à critiquer leur nouveau gouvernement à leurs yeux un peu trop lent.
NegroNews

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