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Elections en Côte d’Ivoire : La CPI interdit toute candidature à Laurent Gbagbo

« La Chambre d’appel a fait de Laurent Gbagbo, acquitté, un non-citoyen » a déclaré Maître Emmanuel Altit, avocat de l’ex président de la Côte d’Ivoire. Depuis l’annonce de son acquittement puis de la procédure d’appel, le « Woody de Mama » s’est montré bien silencieux. Les restrictions que lui imposeraient la CPI pourraient en être la cause.

Si son bras droit, Charles Blé Goudé s’est fait remarquer récemment par ses prises de parole, et son rapprochement avec son « adversaire » , Guillaume Soro, ce n’est pas le cas de Laurent Gbagbo.

Sur un document publié sur le site Afriksoir.net provenant de la CPI, on y découvre les restrictions qui auraient été imposées à l’ex chef d’Etat de 74 ans. Il lui est entre autres interdit d’exercer de la politique, ce qui implique qu’il lui est retirée la possibilité de se porter candidat à une quelconque échéance électorale à l’état actuel de la procédure.

Le document en question date du 7 octobre 2019, et provient de la défense du fondateur du FPI, son parti politique. Il s’intitule : « Version publique expurgée de la Requête de la Défense afin d’obtenir que la Chambre d’appel restitue à Laurent Gbagbo, acquitté de toutes les charges portées contre lui, l’intégralité de ses droits humains fondamentaux »

Dans ce document, on peut lire : « Les droits humains fondamentaux de Laurent Gbagbo, intrinsèquement liés à la personne de l’intéressé, qui font l’objet d’une limitation du fait de l’arrêt de la Chambre d’appel du 1er février 2019 sont les suivants : le droit de choisir le pays où vivre, le droit d’aller et venir librement, le droit de s’exprimer librement, le droit à une vie familiale normale et le droit au respect de sa vie privée »

Et Me Altit de poursuivre : « Les droits civils et politiques qui font l’objet d’une limitation du fait de l’arrêt de la Chambre d’appel (de la Cour pénale internationale) sont les suivants : Le droit de s’exprimer en tant que militant ou responsable politique, le droit de participer publiquement à la détermination du programme d’un parti politique, le droit de participer à des meetings politiques, le droit de participer à des émissions radio, télévisées, dans lesquelles il serait fait mention de sa carrière politique ou de sa vision politique, le droit de pouvoir répondre aux questions de journalistes ou d’historiens concernant sa carrière ou sa vision politique, le droit de donner sa vision de la réconciliation ».

En somme pour son avocat, « ces droits civils et politiques dont Laurent Gbagbo est privé sont constitutifs de ce qu’est la citoyenneté. Autrement dit, la Chambre d’appel a fait de Laurent Gbagbo, acquitté, un non-citoyen ».

Pour rappel, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, ont été acquittés à la CPI le 15 janvier 2019 en première instance des lourdes charges de crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui pesaient contre eux. Si le premier a été assigné à Bruxelles depuis sa sortie de prison, le second encourt la perpétuité, dans le cadre de la procédure pour « crimes contre des populations civiles » et « crimes contre des prisonniers de guerre » enclenchée par la justice ivoirienne depuis le 23 octobre 2019. L’échéance électorale de 2020 se fera manifestement sans eux.

 

Annabella Kemayou

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