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[SOCIÉTÉ] LE RACISME ANTI-NOIR SE BANALISE T-IL AU MAROC ?

Coup de tonnerre dans le landerneau médiatique marocain. La Une de Maroc Hebdo datée du 2 novembre soulève une vague de protestation et d’indignation dans les médias et sur les réseaux sociaux. En cause, son titre choc : «Le péril noir» en référence à l’immigration clandestine des subsahariens considérée par l’hebdomadaire comme une «menace sécuritaire pour le pays».

Les sous-titres de Maroc Hebdo annoncent d’emblée la couleur : «des milliers de subsahariens au Maroc dans la clandestinité, vivant de mendicité et s’adonnant au trafic de drogue et à la prostitution». Certes le magazine n’omet pas de rappeler qu’ils sont victimes de racisme et de xénophobie, mais la stigmatisation ne fait pas de doute pour nombre d’observateurs qui se disent «choqués» par un tel traitement.

«Ce n’est pas sans rappeler le péril jaune, ce fantasme de la menace asiatique remontant au 19e siècle, sauf que l’on est en 2012 et que même les enfants ne croient plus aux croquemitaines depuis des décennies» assène le site Yabiladi qui ose le parallèle avec la couverture du Point de cette semaine, jugée offensante pour l’islam.

«On se plaint en France du racisme anti-arabe et anti-noir mais aussi de l’islamophobie, pour retrouver au Maroc, où l’Islam est religion d’Etat, des unes scandaleuses et essentialistes. Rappelons qu’être noir au Maroc n’a jamais été chose aisée. Les Marocains au teint plus foncé que leurs compatriotes ont depuis toujours eu à essuyer les sarcasmes et railleries les plus abjectes» insiste l’éditorialiste de Yabiladi.

Le dossier de Maroc Hebdo est-il révélateur de la banalisation du racisme anti-noirs au Maroc? Un journaliste de l’hebdomadaire marocain Actuel, le Sénégalais Bassirou Bâ en avait témoigné.

La réalité est certainement plus complexe. La ligne éditoriale de Maroc Hebdo est réputée être proche de la frange sécuritaire du pouvoir marocain.

La récente «arrestation et de la détention arbitraires» de Camara Laye, ancien président et actuel coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM) dénoncée par des ONG de défense des droits de l’Homme (la FIDH entre autres ) souligne ce tour de vis sécuritaire que certains médias voudraient ainsi justifier.

Source : Slateafrique

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