RWANDA: KIGALI ET LE TOURISME D’AFFAIRES

Ces dernières années, le pouvoir rwandais a réalisé d’importants investissements dans des infrastructures d’accueil, de telle sorte que actuellement, la capitale Kigali est aujourd’hui inscrite en troisième rang dans le classement des destinations les plus prisées pour le tourisme d’affaires. Kigali se voit donc sur la plus petite des marches avec 18 rencontres organisées, tout juste derrière Marrakech (19), mais tout de même encore loin du Cap (Afrique du Sud) qui caracole en tête avec pas moins de 62 conférences d’affaires.

Il faut dire que sur ce plan, les autorités rwandaises sont tout de même à féliciter en ce sens que, la capitale rwandaise ne partait pas favori dans ce domaine. Mais la publication du dernier classement de l’International Congress and Convention Association (ICCA), en juin, est venue récompenser les efforts de tout un pays, qui en tout point essaye de se mettre au niveau, de façon à être toujours plus attractif. « En 2016, nous avons accueilli 42 conférences [dont 18 ont été retenues pour le classement de l’ICCA] et nous visons le chiffre de 50 pour 2017 », nous explique, le directeur exécutif du Rwanda Convention Bureau, Frank Murungwa, déjà tourné vers le classement suivant.

Le tourisme d’affaires‎ s’inscrit dans une volonté, voire une nécessité de diversification économique pour le pays. Le directeur exécutif du Rwanda Convention Bureau nous edifie d’aiileurs très bien à ce sujet, affirmant, « Créateur d’emplois et générateur de devises, le tourisme a été identifié il y a plusieurs années comme un pilier important pour le développement du Rwanda, mais le pays était surtout connu pour ses animaux sauvages et ses parcs naturels. Le tourisme d’affaires, lui, a été plus récemment ciblé comme un segment à fort potentiel. Une stratégie a donc été mise sur pied et adoptée en 2013 ».

Le pays en raison de sa situation géographique, ne bénéficie pourtant pas des meilleurs atouts, en effet, si le Rwanda semble être un havre de paix pour les touristes, il ne faut tout de même pas ignorer que le pays est entouré à l’est par le risque de terrorisme et à l’ouest par une instabilité congolaise dramatique, mais aussi que la capitale est très éloignée de la mer. Mais tout le mérite revient là encore au service étatique Rwanda Convention Bureau qui a pour mission de vendre le pays, ou du moins son image. Cela passe par veiller à la qualité des conférences, répondre aux appels d’offres pour les grands événements ou encore promouvoir la destination Kigali.

Kigali est à ce jour la capitale la plus propre d’Afrique, est doté d’un système de sécurité hyper performant, d’un climat agréable. Le pays dispose d’une capacité hôtelière de 8000 chambres, dont 900 ont été rajoutés du fait de l’installation en une année de quatre hôtels 4 et 5 étoiles (Radisson Blu, Marriott, Park Inn by Radisson et Ubumwe Grand Hotel ). On annonce d’ailleurs l’ouverture prochaine d’un Sheraton et un Onomo.

Pour ce qui est du tourisme d’affaires à proprement parler, le pays disposait déjà du Kigali Conference and Exhibition Village, une structure qui accueillait les événements les plus important, mais depuis 2016, le Kigali Convention Centre a mis à disposition, sous son immense coupole, un centre de conférences, répondant aux normes internationales et doté d’une capacité d’accueil de 2 600 personnes.

Le pays a également restructuré sa procédure d’obtention du visa qui peut désormais être faite sur place, de même que sa compagnie aérienne (Rwandair), qui aujourd’hui à une flotte se déployant aussi bien en Afrique, en Europe, qu’en Asie ou en Amérique. L’État prévoit même la sortie de terre d’un nouvel espace aeroportuaire, c’est l’aéroport international de Bugesera. Il sera à lui seul doté d’une capacité d’accueil de 1,7 million de passagers par an. La prise en charge de sa première phase est estimée à plus de 400 millions de dollars.

Le pays veut clairement s’inscrire dans le temps et il aurait tort, au vu des chiffres en jeu. « En 2016, nous avons accueilli 36 000 touristes d’affaires pour 47 millions de dollars de recettes. Ce chiffre croît de 25 % par an. », nous apprend Frank Murangwa. Notons tout de même, comme l’on fait remarquer les confrères de Jeune Afrique, la précédente période de développement hôtelier avait été soldée par un cuisant échec. Espérons que cette fois le projet soit plus viable ‎‎

NegroNews ‎

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