RECYCLAGE À LA CAMEROUNAISE : PIROGUES EN BOUTEILLES PLASTIQUES

Prendre conscience de l’environnement dans lequel nous vivons et le protéger n’est plus un simple slogan pour l’association camerounaise dénommée « Madiba et Nature » qui fabrique les pirogues à partir des bouteilles en plastique.
Au vu des énergies fossiles et autres composants chimiques qui sont utilisés lors de son processus de fabrication, le plastique a des effets néfastes sur l’environnement, tant est que son temps de décomposition est long.

Une fois à la décharge, le plastique continue de polluer pendant plusieurs centaines d’années. Par exemple, un briquet met 100 ans à se décomposer, une serviette hygiénique 450 ans à se décomposer, un sac en plastique 450 et une bouteille d’eau peut mettre jusqu’à 1000 ans avant de disparaître complètement ! Malheureusement, même s’ils finissent par disparaître, les résidus toxiques de leur décomposition, eux, restent. En effet, pendant ce long processus, des particules très toxiques et non-biodégradables, issues des divers additifs ajoutés lors de la production, sont rejetées et s’infiltrent dans l’eau et les sols.

Conscients de cette situation, les pouvoirs publics camerounais avaient interdit l’usage des sacs et bouteilles plastiques non biodégradables sur toute l’étendue du territoire en 2014. Mais en l’absence d’actions concrètes (le recyclage par exemple) des administrations et services chargés de faire appliquer cette décision, des sanctions à l’encontre de ceux ou celles qui en font encore usage, mais aussi et surtout à cause du niveau d’information des populations qui sont bien davantage informées au sujet de ce qu’elles mettent dans le plastique que des conséquences de cet emballage sur leur environnement, les déchets, sacs et bouteilles ont encore un bel avenir devant eux au Cameroun, ces déchets et bouteilles plastiques jonchent les rues et artères des petites et surtout des grandes villes à l’instar de Yaoundé, Douala, Edéa ou même encore Kribi, l’une des villes balnéaires du pays.

Plus informé et conscient des dangers que peut présenter l’usage des emballages plastiques, Ismaël Essomè, jeune camerounais habitant la ville de Kribi, et fondateur de l’association « Madiba et Nature » a pensé un recyclage d’un autre genre : la fabrication des pirogues à base des bouteilles plastiques.

Son association qui s’assigne les missions de nettoyer la nature, sauver des arbres et promouvoir des activités respectueuses de l’environnement, porte congrûment le mot « madiba » qui signifie eau dans la plupart des langues des peuples côtiers du Cameroun. « Madiba et Nature » est en grande partie constituée des pécheurs qui, sous la conduite de Ismaël Essomè, conçoivent des pirogues à partir de bouteilles en plastique usagées et ramassées dans la nature, tout en espérant convaincre l’ensemble des pêcheurs de construire ce type d’embarcation pour aller pêcher et promener les touristes. Le slogan de l’association « Madiba et Nature » est « 1 pirogue = 1 000 bouteilles en moins dans la nature ».

Ismaël avait abandonné son job au sein d’une ONG pour créer une association spécialisée dans la protection de la nature. Il s’est ensuite mis à sillonner les rues pour collecter des bouteilles en plastique avec son neveu et fonctionne en mode Do It Yourself (bricolage) : « Au début, il a fallu trouver la forme et le bon fil avec lequel attacher les bouteilles. Nous y avons mis des jours et des jours », explique-t-il. C’est ainsi qu’il trouve enfin la bonne formule de la pirogue 100 % écolo et upcyclée : 1 000 bouteilles hermétiquement fermées, du gros fils et deux planches.

Une excellente initiative qui devrait être encouragée et soutenue par le gouvernement camerounais dans d’autres villes côtières, notamment Douala, la première grande ville portuaire et capitale économique du Cameroun.

NegroNews

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