PRÉSIDENTIELLE MALGACHE : ET DE DEUX POUR RAJOELINA !

La Haute Cour constitutionnelle (HCC) malgache a officiellement reconnu, mardi 8 janvier, Andry Rajoelina comme vainqueur du deuxième tour du scrutin présidentiel du mois dernier, rejetant ainsi toutes les requêtes en annulation pour fraude de son rival Marc Ravalomanana. L’ancien disque-jockey peut alors retrouver le fauteuil de chef d’État qu’il avait laissé 5 ans plutôt.

Le verdict de la HCC

Il faut le dire, ce n’est pas une, mais plutôt deux victoires qu’Andry Rajoelina savoure depuis ce mardi. Non seulement, il regagne le palais présidentiel qu’il a quitté en 2014, mais aussi remporte un deuxième duel contre son vieil adversaire. La Haute Cour constitutionnelle a, en effet, validé les résultats annoncés par la commission électorale le 27 décembre et qui le portent en tête des suffrages exprimés au cours du deuxième tour de l’élection pour la présidence du Madagascar. « Est déclaré élu président de la République Andry Rajoelina », a annoncé le président de la HCC, Jean-Eric Rakotoarisoa, sous les acclamations de centaines de partisans de M. Rajoelina réunis devant le siège de l’institution à Antananarivo.

Le 27 décembre, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de Madagascar avait annoncé la nette victoire d’Andry Rajoelina, 44 ans, en lui attribuant 55,66 % des suffrages lors du second tour disputé le 19 décembre, contre 44,34 % à son prédécesseur à la tête du pays. M. Ravalomanana, 69 ans, avait immédiatement saisi la HCC en arguant de « fraudes massives ».

Un bras de fer depuis 2009

La rivalité entre les deux hommes ne date pas d’hier. On se souvient encore du bras de fer épique dans lequel ils s’étaient confrontés, il y a bientôt dix ans. Marc Ravalomanana, au pouvoir depuis 2002, avait été contraint à la démission puis à l’exil en 2009 face à une vague de manifestations violentes fomentées par Andry Rajoelina, à l’époque maire d’Antananarivo. Révoqué de sa municipalité dans un premier temps, ce dernier avait ensuite été installé par l’armée à la tête d’une présidence de transition qu’il a quittée en 2014. Les deux hommes avaient été interdits de candidature à la présidentielle de 2013, dans le cadre d’un accord de sortie de crise validé par la communauté internationale.

Le match-retour

De retour de l’exil sud-africain, Marc Ravalomanana espérait prendre sa revanche sur son insolent jeune adversaire contre lequel il rumine depuis un profond ressentiment. Comme si le sort s’amusait à offrir un spectacle proche de celui de 2009, ce sont les deux rivaux qui sont arrivés en tête du scrutin présidentiel le soir du 7 novembre dernier. Le deuxième tour de l’élection de 2018 n’était en fait que le match-retour d’une confrontation qui avait eu lieu neuf ans plutôt. Un nouveau choc que redoutait plus d’un !

L’élection présidentielle du mois dernier s’est déroulée sans incident majeur, mais elle a été le théâtre d’une lutte féroce entre Ravalomanana et Rajoelina qui se sont à nouveau retrouver corps à corps sur le ring politique. Les observateurs étrangers, ceux de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) notamment, ont à l’inverse affirmé n’avoir observé aucune irrégularité significative lors du scrutin remporté par l’ancien maire d’Antanarivo.

La récente validation de la Haute Cour constitutionnelle vient concéder définitivement la victoire à Andry Rajoelina et mettre par le même temps fin aux débats que son élection avait suscités. C’est lui qui gagne encore et c’est Marc Ravalomanana qui perd… une seconde fois.

Stéphane Baï

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