LE DAHOMEY ET LA PLACE DE LA FEMME

Alors que très souvent l’Afrique est présentée comme retardée sur bien des points, l’histoire nous rappelle que cela n’a pas toujours été ainsi. Aujourd’hui cette histoire, notre histoire nous amène en plein coeur du royaume Dahomey (XVII-XIXème siècle). Au sein de celui-ci, la femme y jouait un rôle prépondérant.

Le Royaume du Dahomey (actuel Bénin) n’a pas attendu l’occident pour mettre en avant l’égalité homme-femme, la nécessité d’une parité fixe. Alors que dans le monde occidental qui se présente à nous bien souvent comme précurseur, le concept de parité est né il y’a quelques décennies tout juste et peine même à trouver sa place, le Dahomey a été sur ce point un véritable avant-gardiste.

Il faut dire que les femmes au sein du royaume n’étaient pas considérées comme inférieures aux hommes. Bien au contraire, en témoigne déjà la très célèbre armée de femme guerrières, les Amazones. Un corps armée dit plus redoutable même que son double masculin, mais cette une autre histoire, revenons à la gestion de la société et le rôle des femmes.

‎Au sein du Royaume Dahomey, le devoir de parité était présent à tous les niveaux sans exception, en commençant même par la tête. Ainsi, la fonction de souverain était en principe réservée aux hommes, mais, parité oblige, ce pouvoir était contrebalancé à travers celui d’une reine-mère, la Kpojito. Littéralement, kpojito signifie “celle qui enfante la panthère”. La panthère étant le totem du roi de Dahomey, on peut même y voir en cela, un rapport de soumission du roi à la femme, sa mère. C’est justement pourquoi la Kpojito était choisie parmi les nombreuses épouses du roi précédent par le nouveau roi pour ses qualités.‎

Rappelons tout de même que Hangbe fut la seule femme a devenir Reine du Dahomey, bien que son règne fut bref.

Le Dahomey était déjà composé d’un gouvernement avec ses ministres naturellement. Tous les ministres avaient une paire féminine. Elles avaient la charge de s’occuper des affaires spécifiques aux femmes. Ainsi les paires féminines du Gawu et du Kposu, ministres de la guerre, prenaient part aux opérations militaires par le biais de leur force armee, les Amazones.

Pour certains domaines, les femmes avaient même la lourde responsabilité de contrôler les hommes. C’était par exemple le cas en matière d’interprétariat. Les traductions étaient faites au roi par des hommes et il revenait aux femmes de vérifier si elles étaient fidèlement faites.

William Winwood Reade : « Elle est aussi employée dans des missions diplomatiques et dans des entreprises commerciales. Elle est bergère, agriculteur,guerrière, commerçante,ambassadrice et quelquefois reine. Dans ce pays (…) on trouve d’admirables exemples de l’axiome de Platon, qui disait: « En ce qui concerne sa nature, la femme est capables de toutes les entreprises permises à l’homme.»

‎Si l’on en croit un voyageur britannique du 19 ème siècle, les Amazones disposaient d’une influence considérable. En effet, pour certains conseils, le roi s’entourait des ministres en chefs du pays, mais également des deux leaders des amazones. En cas de divergence, ces dernières l’emportaient sur les ministres. Le voyageur britannique, Freeman, restait dubitatif quant à ce mode de gestion. Autant de pouvoirs entre les mains de la gente féminine denotait d’une certaine faiblesse. En cette période, les femmes n’étaient même pas admises au sein du parlement britannique.

Le Royaume du Dahomey a donc été un véritable précurseur en ce qui concerne la condition de la femme. Mais si cette histoire est belle et grande, elle nous fait tout de même un devoir. Il nous incombe d’être à la hauteur de celle-ci, de revenir à ces valeurs perdues, de revenir à notre essence. Colonialisme oui, déstructuration de nos cultures et systèmes originelles ‎certes, mais cela ne doit pas tout justifier.

NegroNews ‎

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