SÉNÉGAL: À LA RECHERCHE D’ÉPAVES NÉGRIÈRES

Ibrahima Thiaw est un archéologue sénégalais. Il s’est donné pour mission d’inspecter les eaux au large de l’île de Gorée, à la recherche de trois navires, des négriers ayant coulé dans la dite zone durant la période du commerce triangulaire. Pour l’exécution de cette mission, l’archeologue est accompagné de son équipe de plongeurs.

Les navires recherchés, ou du moins les épaves qu’il en reste, sont au nombre de trois, à savoir, la Nanette, la Bonne Amitié et le Racehorse. Ces négriers ont disparu sur les côtes goréennes au XVIIIe siècle. Il faut dire que le nombre de navires ayant péri en pleine mer durant le temps qu’a duré cette ignominie, est porté à un millier. Malheureusement, les épaves de ces navires n’ont jamais fait l’objet de recherches vraiment poussés, sans doute par manque de volonté tout simplement.

Quoiqu’il en soit, pour l’archeologue sénégalais, parvenir à retrouver ces épaves permettrait de recueillir des données scientifiques nouvelles sur le commerce triangulaire, mais aussi ,permettrait ponctuellement de mettre le doigt sur un problème encore difficile à aborder au sein de la société sénégalaise. ‎« Des stigmates de l’esclavage persistent dans notre société moderne. Il y a encore des populations qui sont désignées esclaves. Certaines d’entre elles diraient même avec fierté : “Oui, je suis esclave”. Il y a au Sénégal un silence autour de la question. Les temps sont mûrs pour que nous apprenions à nos étudiants et à nos enfants à respecter les gens de statuts différents ou considérés comme inférieurs. », explique l’archéologue.

Accompagné de son équipe, au sein de laquelle on compte des étudiants de l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) de Dakar, l’archeologue, à bord d’une chaloupe à moteur, s’est donc rendu en mer. Malheureusement après une demi-heure d’inspection des fonds marins, ce dernier sans aucun doute déçu, s’est exprimé en ces termes, ‎« Nous avons trouvé une grande épave de navire moderne. Ce n’est vraiment pas ce que nous cherchons ».

Il faut ici dire que ces recherches s’inscrivent dans un vaste programme de recherches, initié par deux institutions américaines à savoir le Service des parcs nationaux des Etats-Unis et le Musée national pour l’histoire et la ‎culture afro-américaine, dans le cadre du projet « Epaves de négriers » (« Slavewrecks », en anglais)‎. Ce sont elles qui ont contacté Ibrahima Thiaw, alors chercheur au sein de l’UCAD et spécialiste reconnu des conditions de vie des esclaves à Gorée.

C’est dans ce cadre que des archéologues sénégalais ont été formés aux techniques d’archéologie sous-marine. Malheureusement, aujourd’hui, le projet se heurte à un manque de moyen. ‎Si cette plongée au large de Gorée s’est avérée infructueuse, c’est aussi en raison de cette absence de fonds.

NegroNews ‎

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