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LE CPA UN AN APRÈS SA CRÉATION, ENCORE DES DÉFIS À RELEVER

 

Resté très discret depuis sa création l’an dernier par le président français Emmanuel Macron, le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) a encore beaucoup de travail pour rendre lisible son action et convaincre tant les annonces se suivent et se contredisent dans le camp présidentiel.

L’annonce de sa création avait suscité des interrogations. Un an après, le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) d’Emmanuel Macron n’a que partiellement atteint ses objectifs. Cette instance composée d’une dizaine de membres bénévoles issus de la société civile, souvent bi-nationaux, a été lancée dans le but de recueillir les préoccupations « de la rue », et en particulier de la jeunesse africaine.

En apportant une vision différente de l’Afrique, le CPA devait, selon l’Élysée, être un outil complémentaire de la diplomatie traditionnelle et avait pour mission de formuler des propositions à même de renouveler les relations franco-africaines. Un an après, le CPA a fait son premier bilan. Rencontre qui s’est tenu le vendredi 30 novembre 2018 dans les locaux de l’Agence française de développement (AFD).

Emmanuel Macron a compris une chose : l’image de la France auprès de la jeunesse africaine n’est pas bonne et son influence sur le continent en déclin. Un constat mis en lumière par un rapport parlementaire datant de 2015, intitulé « La stabilité et le développement de l’Afrique francophone ».

Rédigé par l’ex-député des Alpes-Maritimes, Jean-Claude Guibal (LR), il soulignait que « la perception des populations était un élément qui devait être valorisé très soigneusement ».

Concrètement, le CPA est à l’origine de plusieurs chantiers annoncés ou événements organisés lors de l’année écoulée : lancement de la Saison des cultures africaines 2020 en France, préparation du sommet Afrique-France 2020 sur la ville durable, ouverture de la plateforme sport et développement, co-organisation à Bordeaux de la première université d’été des diasporas africaines ou encore mise en place d’un pavillon dédié à l’Afrique au salon VivaTech, rendez-vous mondial des start-ups et de l’innovation.

Autant d’initiatives qui permettent, de « créer des liens humains » et de « faire connaître ce que l’Afrique sait faire » selon Jules-Armand Aniambossou dans Le Point Afrique.

A Paris, le CPA tente aussi de se glisser dans le milieu fermé des affaires franco-africaines. Certains ont déjà leurs entrées dans le sérail, comme Diane Binder, directrice adjointe du développement international de Suez. La jeune femme concède que les entreprises n’ont pas attendu le conseil présidentiel pour passer à l’offensive sur le marché de la ville durable, qui a été choisi comme thème du prochain sommet Afrique-France de 2020, mais elle espère tout de même qu’elle réussira à « promouvoir une approche qui parte davantage des besoins africains ».

En sillonnant le continent, les membres du conseil présidentiel ont aussi pour mission de s’assurer que les engagements du discours de Ouagadougou sont mis en œuvre. Quitte à bousculer les chancelleries et autres bastions de la représentation française. « On leur ouvre les yeux. Ils sont très contents », veut croire, sans l’ombre d’un doute, Jules-Armand Aniambossou, coordinateur du CPA et promotionnaire d’Emmanuel Macron à l’École nationale d’administration (ENA).

Il est convaincu que leur rôle est de combler les « trous dans la raquette » d’un dispositif français dont les mailles n’ont pas la bonne taille pour saisir les bouleversements en cours sur le continent. « Il faut adapter notre logiciel. Nous ne pouvons pas dire que l’Afrique est au cœur de la politique étrangère de la France et continuer à la regarder comme la terre de tous les maux. »  

Pour 2019, l’Elysée a demandé à ses têtes chercheuses de s’atteler à deux gros sujets : la santé et l’agriculture. « Beaucoup de choses existent déjà, mais il s’agit d’innover et de voir comment la France peut être plus présente et permettre de faire bouger les lignes », explique-t-on à l’Elysée. La chercheuse en immunologie Yvonne Mburu se chargera logiquement du premier sujet. Pour le second, Jules-Armand Aniambossou cherche toujours « la perle rare » qui pourrait venir rejoindre le groupe.

 

Opri Avérroèse Kalet

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