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CASTER SEMENYA AU TRIBUNAL CONTRE L’HYPERANDROGENIE

Caster Semenya a entamé lundi la course la plus difficile de sa carrière, devant le Tribunal arbitral du sport, pour faire invalider le règlement de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) imposant aux femmes « hyperandrogènes » de faire baisser avec des médicaments leur taux de testostérone pour participer aux épreuves internationales, sur les distances allant du 400 m au mile (1.609 m), rapporte l’AFP.

 

Cette bataille judiciaire et médiatique a commencé lundi. Le premier jour des audiences, la double championne olympique du 800 m est entrée sans rien dire dans les locaux du TAS, à Lausanne, en faisant le V de la victoire. L’instance dirigeante de l’athlétisme a ainsi dégainé un communiqué dans lequel elle assure avoir le soutien de certains experts du TAS. « Une violation flagrante relative à la confidentialité des débats, NDLR orchestrée dans le but d’influencer l’opinion publique », selon les avocats de Semenya.

De son côté, Semenya, triple championne du monde (2009, 2011, 2017) et double championne olympique du 800 m (2012, 2016), assure être « incontestablement une femme ».

Soutenue par la Fédération sud-africaine, elle dénonce ces règles, destinées selon elle, à la « ralentir ».

« Elle demande à être respectée et traitée comme n’importe quel autre athlète », ont d’ailleurs souligné ses avocats la semaine dernière. « Son don génétique devrait être célébré, pas faire l’objet de discrimination. »

« Aujourd’hui est un jour très très important » pour l’équité des compétitions, a estimé le patron de l’athlétisme Sebastian Coe, flanqué de deux avocats, avant d’entrer dans le TAS. « La valeur fondamentale de l’IAAF est la promotion des jeunes filles et des femmes en athlétisme et c’est ce que nous venons défendre ici. Les règlements que nous introduisons sont là pour protéger le caractère sacré d’une concurrence loyale et ouverte. »

« Ce qui est en jeu ici n’est rien moins que le droit de chacun à faire du sport. Le corps des femmes, leur bien-être, leur capacité à gagner leur vie, leur vie privée, leur sentiment d’appartenir au monde est remis en question », a expliqué la ministre sud-africaine des Sports Tokozile Xasa, qui soutient la plainte déposée par l’athlète. « C’est une violation grossière des normes internationales en matière de droits de l’Homme. »

 
Marie Yvonne Akre

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