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[POLITIQUE] LA JAMAÏQUE VEUT SE DÉBARRASSER DE LA REINE D’ANGLETERRE

La Reine Elisabeth II a fait sentir sa présence lors de la rencontre bilatérale entre Stephen Harper et la première ministre de la Jamaïque, lundi à Ottawa, et mis en lumière les positions fort opposées des deux pays par rapport à la monarchie.

Au terme de leur entretien privé, les deux premiers ministres ont rencontré les médias.

Portia Simpson Miller, qui est à la tête de la Jamaïque, s’est fait demander pourquoi elle tenait à se débarrasser de la Reine comme chef d’État de son pays. Ce sont les médias canadiens qui souhaitent en savoir plus à ce sujet, a bien précisé le journaliste jamaïcain qui a posé la question, mettant ainsi la puce à l’oreille de M. Harper.

La première ministre a fait valoir que son pays est né de l’esclavage, puis a vécu sous le régime colonial. Le temps est venu pour les Jamaïcains de décider la forme de gouvernement qu’ils souhaitent, a-t-elle déclaré, sous le sourire apparemment bienveillant de M. Harper. Diplomatique, elle a aussi fait valoir son amour pour la Reine et a affirmé être sa plus grande admiratrice.

Voulant habilement éviter le sujet, le premier ministre canadien a dit en souriant, légèrement rouge, qu’il comprenait que cette question s’adressait uniquement à Mme Miller.

Le contraste entre les deux pays est bien visible. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, M. Harper s’est employé à remettre la monarchie au goût du jour, souvent sous l’oeil soupçonneux de l’opposition et de nombreux Canadiens. Il a notamment procédé à redonner aux diverses unités de l’armée canadienne l’appellation «royale», décrochant des tableaux d’artistes pour les remplacer par ceux de d’Elisabeth II, et célébrant avec faste le jubilé de diamant de sa Majesté. Vitraux au Parlement et passeports canadiens arboreront dorénavant des symboles monarchiques. Un exercice que plusieurs qualifient de redéfinition de l’identité canadienne.

«Nous avons vécu l’esclavage, et passé de colonialisme en colonialisme, ajoutant des souffrances à nos souffrances. Nous croyons que le temps est venu pour nous de déterminer notre forme de gouvernement», a expliqué la première ministre.

Elle a précisé que la Reine demeurerait toutefois avec les Jamaïcains, car son pays ne quitterait jamais le Commonwealth.

«Nous aimons la Reine, nous respectons la Reine et l’honorons. Longue vie à la Reine», a-t-elle lancé avec tact et élégance.

Le premier ministre a choisi de naviguer avec humour sur ce sujet qui divise les Canadiens.

Après avoir répondu à une question sur la coopération entre les deux pays, il a déclaré, sous les éclats de rire: «Au sujet de l’autre question, elle est strictement une question pour les Jamaïcains».

La Jamaïque, une île des Caraïbes, a gagné son indépendance en 1962. Le pays est une monarchie constitutionnelle, tout comme le Canada.

C’est Mme Simpson Miller et son parti qui ont mis de l’avant l’idée de rompre avec la Couronne britannique en janvier dernier, peu de temps après avoir pris le pouvoir.

Note : Outre le Royaume-Uni, Élisabeth II est reine du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Jamaïque, de la Barbade, des Bahamas, de la Grenade, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Îles Salomon, des Tuvalu, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, d’Antigua-et-Barbuda, du Belize et de Saint-Christophe-et-Niévès, où elle est représentée par des gouverneurs généraux.
Élisabeth II est aussi chef du Commonwealth des nations, chef (Lord High Admiral) de l’Amirauté britannique, gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, seigneur de Man, duc de Normandie (régnant sur les îles Anglo-Normandes) et le chef suprême des Fidji. En tant que chef de l’État, elle est aussi le commandant en chef des armées dans chacun de ses royaumes.

Source : cameroonvoice.com

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