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[SOCIÉTÉ] L’HISTOIRE TRAGIQUE DES DÉPORTÉS HAÏTIENS DES ÉTATS-UNIS

Les Etats-unis et le Canada mènent une politique de rapatriement systématique de tout résident étranger ayant commis un délit sur leur sol. Comment s’organise le retour dans leur pays d’origine de ces personnes condamnées. C’est le point de départ du documentaire Deported qui propose de suivre le retour en Haïti de ces hommes parfois condamnés à l’exil pour un simple vol.

Dans le cadre de l’exposition Haïti Deux Siècles de Création Artistique qui se tient jusqu’au 15 Février, deux projections exceptionnelles du film documentaire Deported sont proposées à l’auditorium du Grand Palais Samedi 29 Novembre. Réalisé en 2009 par Chantal Regnault et Rachel Magloire, ce film suit les pérégrinations à travers Port au Prince d’une poignée de délinquants qui après avoir purgé leur peine dans les prisons américaines, et parce qu’ils sont d’origine haïtienne, sont déportés sur cette île qui leur est complètement étrangère, où ils n’ont plus la moindre attache, dont ils ignorent la langue.

Si une vive émotion continue de s’exprimer dans les médias au sujet des conditions de détentions faites à Guantanamo, si des questions se posent régulièrement à propos de la légalité dont s’entoure l’incarcération de certains prisonniers, rien en revanche ne filtre sur la situation ubuesque que vivent ces “déportés”. En cela, ce film brise un silence sur un problème qu’aucune instance internationale ne semble avoir repéré.

Près de 6000 déportés en Haïti

Pourtant ils seraient près de 6000 déportés en Haïti. Le chiffre de 25 par mois est même avancé par Rachel Magloire. D’autres pays comme la Jamaïque, Saint Domingue ou le Salvador sont concernés par le phénomène. La fin de non recevoir qu’ont reçu les demandes répétées des deux réalisatrices pour rencontrer des officiels américains et haïtiens en dit long sur le caractère ultra sensible du dossier. “Haïti n’a pas la possibilité de refuser la déportation”, en conclut Rachel.

Dans un pays dévasté par un terrible tremblement de terre il y a 4 ans, dont l’économie vit sous perfusion et qui connaît d’interminables convulsions politiques, il semblerait que toute forme d’opposition aux desideratas de l’administration américaine soit un luxe que l’état haïtien ne peut se permettre. D’où une tragédie honteuse qui prospère dans une indifférence quasi totale et que ce doc a le mérite de révéler.

On y voit Restingo, Verlaine, Richard, Mano, Obel, Etzer se débattrent dans un environnement qui leur est radicalement étranger, vivant dans la rue, sans moyen, au jour le jour, dans une ville qui compte déjà un très grand nombre de déshérités. Tous ont été condamnés pour des délits de moyenne gravité.

Expédiés en Haïti sans possibilité de retour

Une fois leur peine effectuée, ils sont expédiés en Haïti sans possibilité de retour. Il ne s’agit même plus de double peine, mais d’une forme de perpétuité qui ne dit pas son nom. “A leur arrivée, les autorités haïtiennes les incarcèrent dans la prison centrale. Ils peuvent y rester jusqu’à un an dans des conditions inouïes, avec 100 personnes dans 30m2. Quand ils sont ‘libérés’, ils n’ont qu’une hantise, avoir à y retourner”.

Commence alors une survie qui pour les plus habiles ira jusqu’à une intégration progressive. Certains comme Verlaine ont fini par reconstruire un semblant de vie. Pour d’autres, comme Restingo, cela débouche sur une dérive avec la mort au bout. “C’était le moins automne. Il fumait du crack et pouvait se montrer agressif. Il est mort récemment après avoir, nous a t’on dit, absorbé des substances toxiques”. Une association locale, Kozé Creyol, tente de venir en aide aux plus fragiles. Une goutte d’humanité dans un océan de souffrance.

Source :

http://www.lesinrocks.com/2014/11/28/actualite/lhistoire-tragique-deportes-haitiens-etats-unis-11538306/

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