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[POLITIQUE] LES RAISONS DE LA RECOLONISATION OCCIDENTALE EN AFRIQUE

Les entendez-vous ? Le bruit feutré des bottes de ses soldats de l’impérialisme sur le sol de nos aïeux…

Recolonisation ! Le mot est lâché. Lâché…comme ces bombes françaises qui sont tombées sur la Coté d’Ivoire et le Mali. Lâché…Comme la vision d’autodétermination africaine sur laquelle les frères et sœurs préfèrent s’extirper trouvant alors refuge dans des attitudes réactionnaires. Et enfin, lâché…Comme cette population aux abois, en prise à une réalité sanguinaire, afin d’assouvir l’appétit, pourtant insatiable, des aristocrates qui aiment à se réclamer démocrates. Oui le terme est bel et bien approprié même s’il effraie : Recolonisation. Parlons-en ! N’ayons pas peur des mots car ils n’ont pas peur des actes.

La présence armée occidentale est en train de fleurir, partout sur le continent africain, tels des bourgeons au printemps. Pris en tenaille entre l’AFRIKOM, l’OTAN, l’ONU et les quelques bataillons étrangers, l’homme africain vit de manière permanente dans une zone d’occupation. Et c’est peu dire…

Comment est-ce possible, nous demanderez-vous ? Aussi évident (ou stupide) que tout corps plongé dans l’eau en ressort mouillé, il en est de même du fait que toute intervention militaire ne rencontrant aucune résistance valable s’installe stratégiquement sur le territoire conquis. Le rapport Afrique/Occident me fait penser à ses rixes de rues où bien souvent l’individu le plus avantagé physiquement et techniquement demande à son adversaire « tu vas faire quoi ? ». Si l’Occident se permet de recoloniser militairement l’Afrique, c’est qu’elle est en crise et qu’elle sait que nous sommes désorganisés et donc que nous ne ferons rien en l’état actuel des choses. Nous le lui permettons voire pire nous lui quémandons sa présence. Ainsi, il n’est plus rare de voir des mains nègres suppliant l’aide de l’ex colon devenu, grâce à une mise à jour linguistique, néo-colon ou trans-colon.

Nous entendons d’ici les « Et toi tu fais quoi ? » et autres « Tu préfères qu’ils se fassent tuer par des islamistes fous furieux »…Ces réactions émotionnelles ne nous feront jamais oublier que la RDC, à plusieurs reprises, a fait appel à la France :

– 1977 : Opération «Verveine»

– 19 mai 1978 : Opération «Léopard» ou «Bonite».

– 1993 : Opération «Bajoyer» au Zaire

– 2003 : Opération européenne «Artemis» dans l’est de la RDC

Sans compter les interventions de L’ONU, La MONUC ou la MONUSCO peu importe le nom donné. Ces opérations officielles (nous ne parlerons pas ici des assauts de mercenaires) ont abouti à la mort de Lumumba, d’Okito, de Mpolo, à l’échec de la révolution muleliste, au pillage à grande échelle du « scandale géologique », au maintien des forces de statut quo, à l’appauvrissement des Congolais…

Sur près de 50 interventions militaires de la France en Afrique depuis les années 60, quelles ont été les réussites en faveur de l’amélioration de vie du peuple africain sur le court, le moyen ou le long terme ? La crise malienne, favorisée par la France ne l’oublions pas, pourrait-elle échapper à ce schéma? Le Mali serait-il une exception en Afrique ? C’est ce que l’on pensait, à tort, de sa démocratie et de sa stabilité…Non le Mali ne fera pas exception ! Ceux qui remercient la France aujourd’hui pour sa présence au Mali seront les mêmes qui lui demanderont demain de déguerpir de leur terre. Le pays de Modibo Keita continuera de se faire exploiter aussi longtemps que notre mémoire collective est altérée par ces frontières berlinoises qui empêchent l’avènement d’un raisonnement et d’une unité globale et cohérente. Ainsi, nous reproduirons inlassablement les mêmes erreurs et aurons inlassablement les mêmes mots en bouche: FrançAfrique, impérialisme, colonialisme, ingérence… !!

La dignité de l’homme africain, thématique si chère au Nkrumah, Subokwe et autres Malcolm X, est foulée à la base lorsque l’esclave demande au maître de lui apporter la solution au problème qu’il à lui-même créé.

Feu Ki-Zerbo demandait « A quand l’Afrique »…Comment pourrions-nous lui répondre autrement que par cette nécessité criante de maturité politique du peuple africain dans la création d’une nation africaine. Néanmoins, soyons clair sur certains aspects. Il est de bon ton, dans les milieux intellectuels africains, de clamer à tout va « unité » par ci « unité » par là sans apporter la condition sine qua non de la réussite de l’autodétermination. Les technocrates voudraient continuer de nous faire miroiter des solutions préfabriquées qu’ils appelleront OUA ou autres sigles pompeux mais qui ne permettront en aucun cas l’émancipation totale de l’homme noir si ce n’est l’enrichissement de ces parasites et de leurs alliés étrangers. Le pouvoir au peuple doit être la seule prérogative pour un changement absolu. L’unité et le renversement de l’histoire de notre continent ne peut et ne doit se faire que sous le leadership de la masse populaire africaine et non pas sous la direction de l’élite qui est la plupart du temps contre révolutionnaire.

Les frontières de 1884-1885 ne sont que des carcans dans lesquels nous nous enfermons et qui ne permet pas la bonne compréhension du problème et donc des solutions africaines. Prisonnier des limites imposées par le colon, le colonisé du Congo ne se rend pas compte du fait que la crise qu’il traverse est la même que la crise traversée par le colonisé du Mali qui est la même que la crise traversée par le colonisé du Soudan qui est la même que la crise traversée par le colonisé de Côte d’Ivoire…et que ces multiples crises qui n’en sont en fait qu’une seule requièrt une critique et une complétude de la révolution noire des années 60 afin d’aboutir à la plus haute expression de l’humanité d’un individu: la LIBERTÉ.

L’unité serait impossible ? Trop simpliste cette façon de voir le monde ? Et pourquoi devrions-nous complexifier les choses quand le « diviser pour mieux régner » est la méthode la plus utilisée par la nation dominante.

Nous vaincrons et vivrons ensemble ou nous échouerons et mourrons séparément.

Une Afrique, Une Nation !!!

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