L’AFRIQUE, LE NOUVEAU MARCHÉ DES CHEVEUX HUMAINS

Chaque mois, la société Prem Kumar Solanki collecte des tonnes de cheveux naturels en Inde. Mais face à la stagnation du marché intérieur, l’entrepreneur se tourne vers le continent africain.

Selon Le Monde, les ventes ont rapidement augmenté ces dernières années grâce à une hausse de la demande en Afrique, même si le marché reste encore concentré aux Etats-Unis. L’Inde est bien positionnée sur ce marché évalué à 10 milliards de dollars (8,83 milliards d’euros) : il en est le principal fournisseur.

Les cheveux indiens seraient de meilleure qualité, car ils sont plus longs que la moyenne, donc plus chers, et aussi soigneusement entretenus par ceux et celles qui les portent. « C’est devenu l’autre or noir » assure M. Solanki.

Et pourtant, le « roi du cheveu », comme on le surnomme en Inde, s’inquiète sur son avenir. L’arrivée de nouveaux fournisseurs indiens a réduit ses marges. Et M. Solanki a bien des difficultés à remonter la chaîne de valeur vers une activité plus lucrative où sont positionnées les entreprises chinoises : la transformation des cheveux naturels en mèches et perruques. Un nouveau marché s’offre à lui, celui de l’Afrique.

L’entreprise Prem Kumar Solanki collecte chaque mois, des tonnes de cheveux naturelles grâces à une chaîne d’approvisionnement aussi complexe que gigantesque dont l’Inde. Des centaines de milliers de collecteurs parcourent le pays à leur recherche, chez les coiffeurs, dans des temples hindous, sur les peignes des Indiennes ou sur le trottoir. La matière première capillaire est transformée en mèches ou perruques qui se vendent jusqu’à plusieurs centaines d’euros par kilo.

Dans l’industrie indienne du cheveu, l’argent vaut de l’or. « Les cheveux gris sont les plus rares et les plus demandés, car ils peuvent être décolorés facilement et teints dans toutes les couleurs ». Confie l’homme d’affaires vêtu d’un costume à fines rayures, à Le Monde.

Temples rentiers et entrepreneurs

Malgré la promesse du Premier ministre indien de développer l’industrie du pays dans le cadre du programme « make in India », les petites entreprises, comme celle de M. Solanki, restent fragiles.

À l’ombre des grands groupes, elles sont soumises aux caprices de la bureaucratie indienne pour exporter leurs marchandises, et elles ont souffert de la mauvaise santé du secteur bancaire grevé par les actifs pourris.

À la lisière entre secteurs informels et formels, elles sont nombreuses à avoir souffert de la mesure choc de démonétisation de 87 % des coupures en circulation, fin 2016. Les collecteurs de cheveux ont dû cesser leur activité ou différer leur paiement, faute de pouvoir payer en espèces leurs fournisseurs.

 

Opri Avérroèse Kalet

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