[HOMMAGE] MIKE TYSON FÊTE SES 48 ANS !

Mike Tyson se met à nu dans son autobiographie, qui parait ce lundi. Il y retrace une vie entre gris clair et gris foncé. En voici dix extraits marquants.

Boxeur fascinant, presque effrayant, Mike Tyson a mené une vie entre drames et fortunes, les seconds ne parvenant jamais totalement à masquer les premiers. A l’instar de celle d’André Agassi, la confession intime de Tyson se dévore. C’est un vrai « page turner », dont on croit connaitre le scenario sur le bout des doigts, et dont on découvre qu’on ne savait que peu de choses. On ne saurait que trop conseiller de s’y pencher. C’est un roman noir, où l’ancien king du ring ne ménage personne, et surtout pas lui. On rit, on s’indigne, on compatit, aussi, beaucoup.  On comprend mieux pourquoi il a mal tourné. Et pourquoi il a autant fasciné. Voici dix passages de son livre, parmi d’autres, histoire de vous donner envie.

L’enfance: la violence, partout, même chez sa mère

Un quartier gangréné par la violence, le crime et la drogue. Devenu un as de la cambriole à huit ans, Tyson voit son environnement familial prolonger ce climat hostile. Son beau-père, Eddie, collant des raclées à sa mère. Et sa mère rendant coup pour coup, jusqu’à ébouillanter son compagnon. Ambiance…

« Voilà l’environnement dans lequel j’ai grandi. Un environnement où les gens s’aiment tellement qu’ils se donnent des coups de couteau. Merde, j’avais une trouille bleue dans mon propre foyer, j’ai grandi entouré de femmes agressives, qui pouvaient frapper des hommes. Pour moi, se battre avec une femme n’était pas tabou, parce que les femmes que je connaissais étaient capables de meurtre. »

La rencontre avec Cus d’Amato

Probablement la rencontre la plus importante de la vie de Tyson. Figure paternelle et entraineur, c’est ce septuagénaire qui a découvert et façonné le jeune poids lourd. Il lui a suffi de voir boxer Tyson quelques minutes à l’âge de 13 ans pour tout comprendre.

« On s’est assis et Cus m’a dit qu’il n’en revenait pas que je n’aie que 13 ans. Et puis il m’a donné un aperçu de mon avenir. Il m’avait vu boxer moins de six minutes, mais il a parlé d’autorité.

-Tu es splendide, Mike. Tu es un grand boxeur.

C’était compliment sur compliment.

-Si tu m’écoutes bien, a-t-il continué, je ferai de toi le plus jeune champion des lourds de tous les temps.

Merde ! Comment pouvait-il prédire un truc pareil? J’ai pensé que c’était un pervers. Dans le monde d’où je viens, les mecs qui racontent ce genre de salades sont des vicelards. Je ne savais pas quoi dire. Jamais personne ne m’avait fait de compliments. »

Le conseil de La Motta

Fin 1986, quelques semaines avant d’affronter Trevor Berbick pour le titre mondial, le jeune Tyson est invité sur le plateau de David Brenner, dans l’émission « Nightlife ». Il y croise Jake La Motta. La légende ne tarit pas d’éloges sur Tyson, et le compare à Joe Louis et Marciano. Tyson est aux anges. Mais « Raging Bull » va prodiguer un conseil malheureusement prémonitoire.

Brenner a posé une question à Jake:

-Imaginons que Mike rafle le titre. Quel conseil lui donneriez-vous?

Sa réponse a prouvé combien il était visionnaire.

-Le meilleur conseil que je peux lui donner, c’est de rester concentré sur la boxe et d’éviter le grabuge. Il y a beaucoup de grabuge, là dehors.

-Pourquoi ça?

-Malheureusement, les types comme lui et moi, on attire les ennuis. »

Le titre et une cuite

Le 19 novembre 1986, Mike Tyson devient donc, comme d’Amato l’avait prédit, le plus jeune champion du monde des lourds de l’histoire. La nuit suivante, il prend une cuite à la vodka et fait la tournée des maisons closes. Tyson a la gloire dont il rêvait, mais l’absence de Cus d’Amato, décédé quelques mois plus tôt, l’a laissé orphelin.

« C’était dingue. J’avais seulement vingt ans. Et soudain, parce que j’étais champion du monde, les gens s’attendaient à ce que je sois une tout autre personne ? A cause du titre et de ce qu’il représentait? Mais je n’étais qu’un gosse. Un gosse paumé. Le jour de mon couronnement, j’ai eu le sentiment d’être une âme perdue, privée de son guide spirituel. Je n’avais plus Cus. »

Spinks laminé

Sans doute le chef d’œuvre de la carrière de Tyson. En juin 1988, au sommet de sa gloire, il conserve ses trois ceintures en pulvérisant Michael Spinks, pourtant considéré comme un rival dangereux, en seulement 91 secondes.

« Dès que j’ai vu Spinks sur le ring, j’ai su qu’il n’avait aucune chance. Il ne m’a pas regardé dans les yeux pendant les instructions. (…) A la cloche, j’ai fondu sur mon rival. Je l’ai bourré de coups un bon moment, et il a riposté. Là, j’ai su qu’il n’arriverait pas à me faire mal. Je ne sentais même pas ses coups. Au bout d’une minute, je l’ai allongé d’une droite au corps. C’était la première fois de sa carrière que Spinks allait au sol. Je savais que le combat était terminé parce que toute la semaine, j’avais laminé mes sparring-partners de coups bien plus puissants que celui qui venait de faire flancher Spinks. Je suis retourné à mon coin mains tendues, paumes vers le ciel. Tous les grands champions faisaient ce geste d’humilité, mais dans mon esprit, j’étais le meilleur. »

Faux père et vrai mariage

En 1988, Tyson fait également la Une des magazines people en épousant l’actrice Robin Givens. Elle, manipulatrice. Lui, infidèle. Une relation improbable et malsaine dès le départ. Tyson n’est pas tendre avec celle qui ne restera son épouse que quelques mois. Notamment lorsqu’il évoque les raisons qui l’ont poussé à se laisser passer la bague au doigt…

« J’ai épousé Robin parce qu’elle était enceinte et que j’étais fou de joie à l’idée de devenir père. C’était l’unique raison. Bizarrement, ce n’est pas Robin qui m’a averti, c’est Jimmy Jacobs. Lui-même l’a appris de la bouche de Ruth, la mère de Robin. Je n’en savais rien, bien entendu, mais ce n’était que des salades. Robin n’était pas enceinte. Ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille: ma petite amie ne me l’avait même pas annoncé de vive voix. Robin et sa mère étaient des manipulatrices, à la limite de la prostitution. »

La chute

Champion incontesté et redouté, Tyson semble parti pour un règne de dix ans. Mais la lassitude et des excès en tous genres vont le mener à l’auto-destruction. En tant qu’homme et en tant que champion. En 1990, à Tokyo, il subit sa première défaite contre l’obscur James Buster Douglas et cède son titre.

« Le 8 janvier 1990, j’ai embarqué pour Tokyo, dans un état proche de l’hystérie. Je ne voulais pas me battre. Tout ce qui m’intéressait, c’était la fiesta et les filles. Le jour du départ, j’avais pris 13 kilos. (…) Je n’avais pas suivi l’histoire, mais apparemment, Douglas était très motivé. Sa femme l’avait quitté et pour couronner le tout, début janvier, pendant son entrainement au Japon, sa mère est décédée. Je n’en savais rien à ce moment-là et j’e m’en foutais. HBO faisait toute une histoire à propos de Douglas qui se battait pour sa mère mais j’étais tellement arrogant que j’aurais été capable de lui dire qu’il allait bientôt la rejoindre. »

Sortie de prison, retours vers l’enfer

Paradoxalement, l’ancien champion raconte qu’il ne s’est jamais senti aussi libre qu’en prison. Et lorsqu’il  recouvre la liberté le 25 mars 1995 après sa condamnation pour viol, Tyson a le sentiment, lui, de retourner dans un mode d’enfermement.

« La veille de ma libération, je n’ai pas pu dormir. A quatre heures du matin, j’ai entendu les hélicoptères qui vrombissaient dans le ciel. C’était les stations de radio qui préparaient leur direct. En face, une foule immense s’était réunie dans un champ de maïs, en pleine nuit, dans l’espoir de m’apercevoir. A six heures, Don, Rory et John Horne sont arrivés à bord d’une limousine noire et sont entrés dans la prison. Je les attendais, mais je n’avais pas vraiment envie de partir. Je m’étais habitué à la détention. J’appréciais de pouvoir décompresser. C’était un repos bien mérité, mais il fallait que je retourne dans la vraie vie. »

La morsure sur Holyfield

L’épisode le plus sordide de la carrière pugilistique de Tyson. Juin 1997, lors du combat revanche face à Evander Holyfield, Tyson, exaspéré de prendre des coups de tête de son adversaire, le mord à plusieurs reprises et lui arrache un bout d’oreille. Loin de la déclaration officielle nourrie d’excuses publiques qu’il récitera quelques jours plus tard, il livre dans son autobiographie le fond de sa pensée.

« (évoquant le fameux troisième round) C’est là qu’il m’a de nouveau attaqué avec sa tête. Je me sentais fatigué, comme si je m’évanouissais un peu, mais la colère et l’adrénaline m’ont fait rebondir. Je voulais simplement le tuer. (…) Le lendemain, je me sentais vraiment abattu. Je ne soupçonnais pas que ce qui s’était passé allait devenir un incident international. Toute ma vie est comme ça. Je dis ou je fais un truc qui me parait minuscule et que le monde entier juge énorme. Les gens disaient que j’avais fait mon numéro de morsure parce que je savais que j’allais être vaincu. N’importe quoi. Dans les matches que j’ai perdus, j’ai encaissé ma défaite comme un homme. J’étais furieux, j’étais en rage, j’ai perdu mon calme. J’ai mordu l’oreille d’Evander Holyfield parce qu’à ce moment-là, j’étais fou, et je ne me souciais plus de me battre en respectant les règles du jeu. »

L’enfer, c’est lui

Dans l’épilogue de son livre, Tyson affirme son auto-détestation et l’amour de ses enfants. A 47 ans, il apparait comme un être toujours aussi fragile, en permanente rupture d’équilibre, qui ne s’est jamais appartenu. Mais il délivre aussi un message d’espoir.

« Pas de doute, j’ai un problème : je me déteste. J’ai fait du mal à certaines personnes. Je peux lire tous les grands livres que je veux, la Torah, le Coran, le Nouveau Testament, la Bhagavad-Gita, je sais que j’irai en enfer. Et je suis en enfer. (…) Quand j’étais boxeur, j’ai été heureux un moment, mais après la mort de Cus, ça n’a pas duré. Je n’ai jamais voulu être Iron Mike. Je détestais ce type. Parfois je me demande même si j’étais fait pour vivre. Je pense être une erreur de cette putain de nature (…) Personne n’entend mes cris de douleur. Je déteste la vie, je me déteste. Si j’avais des couilles, je me tuerais. Enfin, c’est ce que je pense. Puis ma petite chérie, Milan (une de ses filles, née le 24 décembre 2008), entre dans la pièce et les nuages s’en vont. Voilà ma récompense d’homme responsable. »

Source: http://www.eurosport.fr/boxe/10-moments-forts-de-l-autobiographie-de-mike-tyson_sto4021117/story.shtml

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