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[ACTUALITÉ] BOKO HARAM : CE GROUPE TERRORISTE QUI A UN COMPTE EN BANQUE ET DONT LES MEMBRES OBTENAIENT DES VISA SANS PROBLÈMES

Le Conseil de sécurité de l’ONU a placé ce jeudi 22 mai 2014 Boko Haram sur la liste noire des organisations terroristes soumises à des sanctions.

Ces sanctions consistent en des gels d’avoirs, un embargo sur les armes et des interdictions de voyager. Boko Haram est un groupe terroriste créé en 2002 qui s’illustre depuis 2009 par des enlèvements et des attaques sanglantes ayant fait des milliers de morts.

Du point de vue diplomatique, on nous dit que ces sanctions ont une portée politique. Mme Samantha Power, l’ambassadrice américaine à l’ONU, s’est félicité de cette « mesure importante qui va aider à fermer à Boko Haram des sources importantes de financement et d’armement ainsi que des possibilités de déplacement, et montrer l’unité de la communauté internationale dans la lutte contre ce groupe ». Quant à Joy Ogwu, l’ambassadrice nigériane à l’ONU, « c’est une mesure importante ; il s’agit d’un crime transnational qu’il faut traiter de manière transnationale. L’essentiel est de s’attaquer au problème, c’est-à-dire au terrorisme ».

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Au-delà de la question de la pertinence posée par ce genre de sanctions jugées inutiles, il est possible de creuser un peu plus du point de vue cognitif et pragmatique pour en extraire d’autres éléments de compréhension susceptibles d’éclairer l’opinion.

Commençons par le gel des avoirs qui consiste à bloquer toute utilisation des actifs (fonds et autres avoirs financiers et ressources économiques) détenus par une personne physique ou morale. Le plus souvent, ce gel vise à empêcher l’utilisation, la modification, le mouvement ou le transfert de fonds ou l’accès à ces fonds, sauf autorisation spécifique du Comité des sanctions contre Al-Qaida. Comme présupposé, nous posons qu’une organisation aussi sérieuse comme le Conseil de Sécurité de l’ONU ne peut pas décider de geler les avoirs qui n’existent pas à moins qu’il y existe une machine à distribution automatique des sanctions qui fonctionne aveuglement sans distinction de cible. Présumons plutôt que l’ONU est sérieuse et que les membres du Conseil de sécurité de l’ONU connaissent bel et bien là où se cachent les avoirs des membres de Boko Haram.

Notons bien qu’il s’agit, sans se limiter, des fonds et autres avoirs financiers qui désignent entre autres l’argent liquide, les chèques, les demandes d’indemnisation, les lettres de change, les mandats postaux, les instruments au porteur et autres instruments de paiement, les dépôts auprès d’institutions financières, les dettes et titres de dette, les titres et créances, les intérêts, dividendes ou autres revenus ou valeurs provenant d’actifs, les assurances et réassurances, etc. Le terme « ressources économiques » s’étend à tous les types d’avoirs, meubles ou immeubles, tangibles ou intangibles, réels ou potentiels, qui pourraient être utilisés pour obtenir des fonds, des biens ou des services. Le problème est que ces fonds transitent par des institutions bancaires généralement situées en Occident et où les titulaires de comptes sont identifiés.

Question : Comment des terroristes arrivent-ils à créer des comptes bancaires ? La lutte contre le terrorisme n’est-elle pas une farce dressée contre ceux qu’on a fini de « suisser »? Dans tous les cas, on comprend que Boko Haram continuait d’utiliser des comptes bancaires et que personne ne les inquiétait jusqu’ici. Cela fait dire à certains que la Communauté internationale est à la fois « voleur et receleur ».

Analysons aussi l’embargo sur les armes qui est une mesure visant à interdire le commerce des armes dans un territoire donné dans le but de protéger les populations civiles. L’obligation est faite aux Etats membres de l’ONU de prendre des mesures nécessaires pour empêcher la fourniture des armes et de tout matériel connexe. Nous présupposons que les membres du Conseil de sécurité savent de quoi ils parlent. Cette décision implique qu’on connaît la source d’approvisionnement de Boko Haram et qu’on veut, par bonne conscience, cesser de faire du business sur le dos des innocents comme ces 200 lycéennes enlevées à Chibok dans le Nord-est du Nigeria. Le plus souvent, l’embargo vise aussi l’interdiction de la formation ou l’assistance technique militaire. Cela suppose que Boko Haram bénéficiait de ces services prêtés par des experts ou des Etats clairement identifiables. C’est dégueulasse ! Cela fait dire à certains qu’on est en face « des pyromanes et des pompiers ».

Enfin, analysons l’implicite dans la troisième sanction : interdictions de voyager. Cette sanction suppose que les membres de Boko Haram avaient l’habitude d’obtenir des visas pour voyager. Cela nous rappelle le cas des autres présumés criminels contre l’humanité connus par le passé qui se trouvent actuellement en France. Comment ont-ils pu obtenir le visa pour se rendre en France ? Ce n’est certainement pas par les critères d’attribution que nous connaissons. Cela fait dire à certains que la Communauté internationale se présente tantôt comme impérialiste et tantôt comme humanitaire. L’humanitaire vient réparer les dégâts de l’impérialiste. C’est doublement dégueulasse ! On sera tous comme Rony Brauman (20 ans président de Médecins sans frontières) qui s’est déclaré « humanitaire désenchanté » à Genève en 2009 suite à tout ce qu’il a pu vivre sur le terrain.

On constate que ces sanctions contre Boko Haram sont invraisemblables. Nous osons croire que c’est la machine automatique à distribution des sanctions qui s’est mise en route.

Louis-Marie Kakdeu

 

Source : http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-15222.html

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