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MALCOLM X, L’INCROYABLE HISTOIRE DERRIÈRE SES CHEVEUX

Malcolm X et ses Cheveux : le symbolisme d’une contestation négro-africaine 

        Malcolm X, les cheveux courts, crépus et afro

La démarche n’est certes pas conventionnelle, lorsqu’il s’agit de parler d’un personnage illustre de l’histoire du monde contemporain, une icône de la communauté Afro Américaine, tel que Malcolm X.

Malcolm X l’activiste, le révolutionnaire, le combattant des droits de l’homme « noir » et des droits de l’homme en général, n’est plus à présenter. Sa notoriété ayant bravé le temps et conquis les époques. Non, nous parlerons d’un autre aspect de sa personnalité, nous toucherons un autre point non moins négligeable de l’activisme du personnage : ses cheveux. 

« La véritable grandeur d’un homme ne se mesure pas à des moments où il est à son aise, mais lorsqu’il traverse une période de controverses et de défis. » Martin L. King Jr.

Cette citation de Martin Luther King Jr., illustre assez bien ce qu’on peut penser de Malcolm X et de son parcours. Le natif d’Omaha dans le Nebraska (1925), sous le patronyme de Malcolm Little, était à sa naissance déjà une grosse controverse physique. Le teint clair, plus clair que celui de ses frères et les cheveux « roux et lisses » héritage de sa mère, qui l’a elle, héritée de son père « blanc ». Une équation compliquée pour le jeune homme qui évolue dans une Amérique fortement marquée par les ségrégations raciales et le racisme. 

L’histoire culturelle et identitaire derrière les cheveux de Malcolm X

 

Malcolm Little (X) les cheveux lissés et défrisés peignés derrière la nuque, photo prise lors de son arrestation en 1946

Dans une des rares photos du jeune Malcolm, on peut le voir arborant une coiffe appelée « conk »_ cheveux défrisés et lissés, peignés à l’arrière, descendant derrière la nuque_ coiffure qu’arboraient régulièrement « l’élite blanche » et certains « nègres » du showbiz. Elevé dans une famille de blancs, après la mort de son père (assassiné par une faction du Ku Klux Klan), et l’internement de sa mère, le jeune Malcolm recevra une éducation « de blancs », aura des amis « blancs », s’habillera comme un blanc, « rêvera » comme un blanc _il voulait devenir avocat_ mais très vite va affronter la dure réalité de la vie aux Etats-Unis, une réalité « black ».
Après avoir abandonné les études, le jeune Little, va sombrer dans la délinquance et subir une vie digne d’un « gangster » de son rang. Toujours coiffé comme un « blanc », le jeune homme se fera arrêter et écroué pour une dizaine d’années, alors qu’il ne culminait qu’à 21 ans.

C’est un nouveau départ, une nouvelle vie qui va commencer pour lui. 

En prison il va se découvrir, se cultiver, se forger, se réaliser. Il lit beaucoup, s’instruit, mais surtout se questionne. Il va réaliser que son apparence ne reflète pas ce qu’il est, ou du moins ce qu’il doit être. L’idéal humain que les noirs se faisaient à cette époque, était « l’homme blanc ». Pour lui, il n’y avait rien de plus aliénant que de considérer que l’homme blanc était au-dessus de l’homme noir. Se défriser les cheveux pour un « black », dans le but de ressembler à un blanc pour se faire accepter par les blancs, n’est rien d’autre qu’une perte d’identité culturelle, qui ne rend aucunement service aux noirs.

« Ce que je pouvais être ridicule! J’admirais dans la glace un Noir avec des cheveux « blancs », disait Malcolm dans ses mémoires, en évoquant son premier défrisage. Pour lui il n’y avait rien de plus dégradant pour soi, que le refus de s’assumer et de s’affirmer. 

Dès sa sortie de prison _il ne fera que 6 ans en prison_ Malcolm Little n’est plus le même homme, tout se remarque par le changement de look. Un pas déterminant vers la découverte de soi, un pas de plus vers une nouvelle vie. Il va accepter ses cheveux crépus bien que « roux », il va revendiquer une identité Afro, il va se lancer à la recherche de ses origines. Malcolm Little est mort, c’est la naissance de Malcolm X, X comme le nom inconnu des ancêtres africains, que se donnaient tous ceux qui se revendiquaient d’une appartenance ancestrale au continent Africain. 

Malcolm X ou le symbole de la réappropriation de l’identité « nègre » 

              

En 1952, alors qu’il vient de sortir de prison, Malcolm intègre la Nation Of Islam d’Elijah Muhammad, mouvement duquel il s’est informé et a décidé de rejoindre les rangs pour la cause des noirs discriminés. En quête de savoirs et de vérité, Malcolm X intègrera la Nation Of Islam parce que, son guide Elijah Muhammad, considérait et enseignait que l’Islam était la vraie religion ancestrale des noirs, différente de celles dites révélées, imposées aux « hommes de couleur ». 

Le radicalisme ostentatoire dans la vie de Malcolm, est le fait d’une identité souvent troquée contre un idéal de vie qui ne reflète pas la réalité. Ses cheveux qui lui donnaient une apparence d’homme blanc ne l’ont jamais rendu blanc, au contraire, il a subi les « malédictions de la peau noire » et les traitements de faveur qu’elle confère aux Etats-Unis. Il a toute sa vie _celle en tant que Malcolm X_ milité pour une affirmation du peuple noir, pour l’éveil de celui-ci, pour l’égalité de ce peuple vis-à-vis du peuple blanc. A l’instar d’un Luther King, il avait des méthodes assez dures et radicales, mais pensait une vie plus agréable où blancs et noirs pouvaient se voir  « d’égal à égal ».

Sa vie n’a été que contestation, une forme de confrontation entre deux univers radicalement opposés. Une lutte interne, voire physique, entre le blanc et le noir, « j’ai appris à haïr chaque goutte de sang de ce violeur blanc raciste (grand-père maternelle) qui est en moi » disait-il. C’est en substance la cause de son combat panafricaniste, son combat de nègre affranchi. 

A travers ses cheveux, il a su symboliser cette contestation et affirmer son identité,  une identité « nègre », Afro Américaine. 

Olivier Mbadinga pour NegroNews 

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