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GUINÉE CONAKRY: ALPHA CONDÉ SE LIVRE DANS LES COLONNES DE LIBÉRATION

Lors d’un entretien accordé au journal Libération, le président guinéen s’est exprimé sur un large éventail de sujet. Allant de la crise sanitaire qui a terrassé le pays, au rapport occident-afrique, en passant par sa gestion souvent contestée de son pays. NegroNews se propose de rapporter l’essence de cet entretien.

Concernant l’Ebola, une épidémie ayant provoquée un crise sanitaire majeure dans le pays, Alpha Condé, grave, a fait savoir qu’elle avait littéralement bouleversée le pays dans ses certitudes.

« Non seulement l’épidémie a mis à terre tous nos efforts économiques, mais elle a aussi atteint notre culture. Nous sommes habitués à laver les morts, parfois à les embrasser. Des pratiques qui facilitent la transmission. Il a fallu lutter contre nos propres traditions, et ceci aussi est traumatisant. Mais Ebola nous a amenés à prendre conscience de l’état de notre système de santé, qui n’était pas performant. Nous devons développer nos propres laboratoires, produire en Afrique nos propres vaccins, pour ne plus dépendre des laboratoires.»  a affirmé Alpha Condé. C’est donc assurément un épisode traumatisant qu’a vécu le pays.

‎Si l’on peut féliciter pour ses positions panafricaines Alpha Condé, la souveraineté dont jouit son pays ne peut malheureusement servir de justification. Lorsqu’il est interrogé sur les manifestations réprimées de façons violentes et ayant entraînées la mort de lycéens selon l’ONU et des ONG, Alpha Condé botte en touche, répondant qu’il n’est soumi au diktat d’aucune ONG occidentales. Alpha Condé s’interroge, «‎Quand la police tue dix personnes au Texas, tout est normal ; quand c’est en Guinée, c’est un scandale ! Est-ce que les ONG dénoncent un Etat antidémocratique aux Etats-Unis ?». Malheureusement les derives du système américain ne sauraient justifier ou rendre plus légitimes celles de la Guinée.

Sur le massacre du 28 septembre 2009, 150 morts, 110 femmes violées, Alpha Condé joue la carte de la séparation des pouvoirs, affirmant que la justice guinneenne jouit d’une totale indépendance. ‎Et ne venez pas lui dire que certains des inculpés sont encore en liberté et en poste, pour Alpha Condé «Inculpé ne veut pas dire coupable».

Concernant la question de l’exploitation de son sous-sol et la crainte d’une dépendance, comme c’est par exemple le cas au Gabon avec le pétrole, Alpha Condé a été très clair. «L’avenir de la Guinée, c’est l’agriculture et l’agro-industrie – un secteur qui emploie beaucoup plus de main-d’œuvre. Nous travaillons au renforcement des cultures vivrières et espérons atteindre l’autosuffisance dès 2018. Nous avons aussi lancé un grand programme d’agriculture d’exportation : café, cacao, sésame, etc. Mais nous devons désormais penser la transformation en produits finis. Sinon, nous restons dépendants des prix du marché mondial qui nous échappent. Pour cela, nous misons sur l’énergie. La Guinée est le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Nous avons la capacité de construire un barrage de 6 000 MW. Nous fournirions non seulement la Guinée, mais aussi les pays voisins. L’Afrique sera la nouvelle usine du monde, après la Chine. Nous devons être prêts.

La transformation, cela vaut aussi pour les mines. La bauxite, par exemple [la Guinée possède la moitié des réserves mondiales connues] : auparavant, on utilisait du bois pour faire les fenêtres, en Afrique, désormais, on utilise l’aluminium [produit par transformation de la bauxite]. Un immense marché s’ouvre sur le continent. En 2050, nous serons plus nombreux que les Chinois…».

Lorsque le président guinéen a été interrogé sur son désir de se présenter ou non pour un troisième mandat alors même que la constitution ne le permet pas, Alpha Condé, ex-opposant à la encore répondu néo-colonialisme. En effet, pour le président guinéen, c’est au peuple d’y répondre, certainement pas à l’Occident.

Une réponse en tous points inappropriée. En effet, il ne s’agit pas ici de savoir ce que l’occident souhaite pour la Guinée, il s’agit là plutôt du respect ou non d’un texte qui, dans l’ordonnancement juridique est sacré, la Constitution. ‎

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