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Une enfant nigériane dénonce ses proxénètes et permet le démantèlement d’un réseau de prostitués

Angel, celle qui a fait venir Grace en France et six autres personnes soupçonnées d’avoir participé au réseau seront jugées pour traite d’être humain en bande organisée, un crime passible de 20 ans de prison. Une dizaine de victimes ont été recensées.

Le dimanche 24 novembre, le Parisien publiait le témoignage émouvant de la petite Grace. Ses parents décèdent alors qu’elle n’a que 9 ans. Contrainte de travailler pour subvenir à ses besoins, elle est recrutée par un salon de coiffure, au Nigeria. C’est alors qu’une des clientes lui propose de rejoindre sa fille installée en France pour travailler dans le monde de la coiffure.

Comme toutes les victimes de cette forme de proxénétisme, Grace a dû se soumettre à un rituel censé la protéger lors de son périple, mais surtout censé la réduire au silence sous peine de malédiction. Dénudée, recouverte d’une poudre noire, la fillette a été contrainte de manger le foie d’un poulain et de boire de l’alcool.

Ce voyage qui a été fixé à 40 000 €, une somme exorbitante qu’elle était censée remboursée une fois sur place, se fait dans des conditions des plus dangereuses. La petite fille confie avoir échappé à une tentative de viol en Libye. Quand elle arrive à Paris en 2014, elle déchante, à la place d’un salon de coiffure parisien elle intègre un réseau de prostitution.

L’enfant de 9 ans raconte qu’elle devait effectuer chaque jour une vingtaine de passes par nuit, au Bois de Vincennes ou rue St-Denis. Elle devait remettre 600 euros à Angel, sa proxénète, et le dimanche 1 000 euros. Sans compter les 650 euros mensuels pour l’hébergement dans un pavillon de Goussainville (Val-d’Oise) où elle partageait une chambre avec trois autres filles, elles aussi réduites à se prostituer. Si elles ne payaient pas, elles étaient sévèrement battues. Au juge d’instruction, elle révèle le détail le plus sordide : « J’ai fait beaucoup d’argent pendant cette période parce que je suis très jeune et tout le monde veut me prendre moi ».

C’est la dénonciation de la petite nigériane qui a permis d’interpeller en janvier 2016 et d’écrouer Angel et ses acolytes. Elle a fini par reconnaître les faits et lors d’une confrontation, elle a demandé pardon à Grace. Comme beaucoup de femmes proxénètes, elle a vécu le même parcours que ses victimes. Son avocate Maitre Stéphanie Le Roy explique : «Au moment de son arrestation, elle continuait à se prostituer et à rembourser sa dette. Elle était prise dans une fuite en avant. Elle est dans la reproduction, mais elle n’a malheureusement aucun autre modèle. (…) Ses excuses sont sincères. »

Depuis son témoignage, Grace qui présente des symptômes post-traumatiques à caractère sexuel, a été placée en famille d’accueil. « L’âge de cette victime donne à ce procès une résonance particulière, développe Me Noémie Saidi-Cottier, qui représente l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE), partie civile : « On est face à un réseau parfaitement rodé avec des groupes mafieux qui opèrent au Nigeria et en France. Ce n’est malheureusement pas un épiphénomène, mais un système très organisé qui exploite désormais des filles de plus en plus jeunes. » Le verdict du procès sera prononcé le 6 décembre.

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