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ELIE DOMOTA:  » EN OUTRE MER LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ GROSSE BLAGUE OUI ! « 

Elie Domota, syndicaliste guadeloupéen et indépendantiste voit son procès s’ouvrir en ce 15 mars. Il a récemment effectué un discours dans le cadre d’une campagne de mobilisation pour organiser la résistance populaire. Il y récapitule les principaux problèmes qui secouent la Guadeloupe : CHU sinistré et quasiment en voie de disparition, empoisonnement au chlordécone, problèmes dans la distribution de l’eau et pollution de celle-ci, chômage de masse, politique coloniale de recrutement pour l’armée française, etc. Son discours fait ressortir la colonialité de ces « territoires d’Outremer » départementalisés en 1946 : l’État français pérennise les intérêts d’une bourgeoisie tropicale incarnée par l’ethno-classe békée ; entretenue par l’opportunisme des élus guadeloupéens au nom de l’Entente Capital / Travail actée en 1902, ce consensus fait le lit des sociétés anonymes.

 » Dans un hôpital, des dispositifs de sécurité doivent être mis en place ; à la moindre fumée, les portes coupe-feu se ferment, les aspirations d’air se déclenchent et le départ de feu est contenu. Or, aujourd’hui, c’est tout le CHU qui est hors d’usage ! »

En effet, la Guadeloupe est depuis quelque mois dépourvu d’un CHU fonctionnel,en effet, suite aux ravages d’un incendie la Guadeloupe sera sans CHU pendant au moins 1 an. Gros problème sanitaire qui n’est pas anodin. En effet, en Martinique il y a quelques mois de cela, une députée dénonçait les conditions désastreuses d’un hôpital martiniquais ou encore la faillite du CHU martiniquais qui a obtenu une aide de l’état d’environ 11 millions d’euros. La réponse à propos de la construction du nouveau CHU en Guadeloupe ?… A propos de nouveau marché pour la construction de l’hôpital, a force d’insister les manifestants ont fini par être invités à une réunion au conseil régional. Il nous a été dit que l’appel d’offre avait déjà été lancé. Mais tel que celui-ci a été conçu, il ne générera aucun emploi pour les guadeloupéens. Et que 200 000 heures d’insertion professionnelle seront prévues sur un chantier qui s’étalerait sur 10 ans, et concernerait 125 guadeloupéens.

« Il n’y a que dans une dictature militaire que l’on voit l’armée prendre en charge la formation professionnelle »

 Le Régiment du service militaire adapté de la Guadeloupe, le RSMA, reçoit de l’argent chaque année :Ce qui est censé être“l’autre école de la deuxième chance” 

« Quand est-ce que les Guadeloupéens auront l’école de la première chance ? »

Parce qu’en Guadeloupe, avec la Guyane, Mayotte et la Réunion, sont les premiers en chômage des jeunes au niveau Européens ainsi premiers en échec scolaire : chaque année, c’est 1 200 à 1 500 enfants qui quittent l’école, sans qualifications ni formation ! La situation préoccupante des départements d’outre mer niveau éducation laisse de nombreux jeunes sur la banc de touche: résultat des courses : Un taux important de délinquance qui implique qu’en Guadeloupe il y a deux fois plus d’homicides qu’en métropole.

« Pendant ce temps-là, des Guadeloupéens fument de l’herbe, boivent du rhum, tous les weekend s’entretuent, et le journal France-Antilles, le lundi, vous annonce “meurtre en Guadeloupe « 

il a déclaré dans le même discours

« Avant on pouvait manger 1 cuillère de mort-aux-rats, désormais, on en peut manger 4.Vous avez tous entendu, pendant les fêtes de Noël, Mme Buzyn, ministre de la santé dans le gouvernement Macron, Macron que pratiquement tous les élus guadeloupéens soutiennent ? Les taux résiduels maximum de chlordécone, dans les aliments que nous mangeons ici, ont été relevés. Son ministère et l’agence de la santé ont donné leur aval. En France métropolitaine, le taux résiduel maximum c’est zéro micro-gramme : à la moindre trace, les aliments contaminés seraient retirés de la consommation et les responsables recherchés et mis en examen. Mais ici là, dans la France d’Outre-mer, on nous dit 20 micro-grammes de chlordécone par kilo de viande de poulet, ça va, on peut manger. »

Le chlordécone est le poison des territoires ultra marins. En effet, ce pesticide anciennement utilisé pour la culture des bananes n’est plus utilisé depuis 1993 mais a pollué l’écosystème tout entier laissant ainsi la population s’empoisonner avec des cancer, des retards mentaux et des troubles endocriniens en prime.

« Liberté-égalité-fraternité, une grosse blague oui ! Nulle part en France la répression anti-syndicale n’atteint une pareille ampleur. Ainsi, je suis le 107eme militant de l’UGTG convoqué au tribunal depuis 2009. Et pourtant, en Guadeloupe, il y a la ligue des droits de l’homme, Amnesty international… A croire que ça ne les intéresse pas. 107eme  militant, rapporté à l’échelle de la France, ça vous ferait 15 000 militants syndicalistes convoqués au tribunal. Ici là, en Guadeloupe ! »

 

 

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