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WINNIE MANDELA: « MANDELA AVAIT MAL NÉGOCIÉ AVEC LE POUVOIR BLANC »

Winnie Madikizela-Mandela, plus connue sous le nom de Winnie Mandela, est une femme politique sud-africaine, membre de l’ANC, née le 26 septembre 1936. Elle a été la deuxième épouse de Nelson Mandela, ancien Président d’Afrique du Sud avec lequel elle avait eu de nombreuses divergences, notamment celle concernant la paix et la réconciliation voulues et prônées par son ex-mari après l’apartheid.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique à la fin du mois d’août 2017, celle qui est connue pour ses positions radicales et son franc parler, est revenue sur de nombreux aspects de la vie politique, économique et sociale avant et après l’apartheid, non sans égratigner au passage Jacob Zuma, l’Archevêque Desmond et son ex-mari Nelson Mandela.

Il est de notoriété publique que son ex-époux, Nelson Mandela, et elle avaient un désaccord fondamental. Pour lui, la paix et la réconciliation étaient prioritaires. Pour elle, c’était la justice, « Mandela et moi avons eu de nombreux désaccords. Dès le départ, lui et ses proches ont commis des erreurs dans les négociations avec le pouvoir blanc, dont nous payons aujourd’hui le prix. Par exemple, le problème des terres. Au nom de quoi devrions-nous payer pour racheter ce qui nous a été arraché par la force ? Et avec quel argent ? Le capital reste entre les mains de la minorité blanche. Rien n’a changé. Autre erreur, l’élection du Parlement au scrutin proportionnel, dans l’unique but de garantir une représentation à cette même minorité. C’est un système pervers qui ne permet pas au peuple de contrôler ses élus, mais qui permet à ces derniers d’agir en toute impunité. Nous devons changer la Constitution ».

Interrogée sur la responsabilité de l’actuel président de l’Afrique du Sud, sur la situation que traversent l’ANC en particulier, et l’Afrique du Sud en général, elle a demandé le changement à la tête du pays « L’opposition évoque 783 chefs d’inculpation pour corruption, mais il ne peut être poursuivi tant qu’il est président en exercice. Il les réfute, et pour ma part je n’en sais que ce qu’en disent les médias. Cela dit, tous les responsables dont la corruption est de notoriété publique doivent se préparer à affronter les tribunaux un jour ou l’autre, que les accusations soient fondées ou non. Une chose est claire : il est plus que temps de changer de leadership si nous voulons continuer à gouverner ce pays. L’ANC a besoin de sang nouveau pour mener l’Afrique du Sud sur le chemin de la liberté ».

Celui qui a donné le nom de la nation « arc-en-ciel » à l’Afrique du Sud, est également passé à la trappe de Winnie Mandela, selon elle, Desmond Tutu s’était lamentablement trompé en comparant leur pays à l’arc-en-ciel, « …. D’abord parce que les couleurs de l’arc-en-ciel ne se mélangent pas et qu’il n’existe parmi elles ni la couleur noire ni la blanche. La comparaison n’a donc pas de sens. Ensuite parce qu’il s’agit depuis le début d’un mythe total auquel les dirigeants de l’époque ont voulu nous faire croire. C’était un vœu pieux qui n’a jamais correspondu à la moindre réalité. La réconciliation n’a été qu’une façade ; nous ne sommes pas libres car nous n’avons pas la liberté économique ».

Winnie Mandela dans une posture de mère dans cette interview, propose à l’Afrique et à ses dirigeants d’adopter une démocratie qui va promouvoir le changement et apporter le développement, « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une nouvelle définition de la démocratie pour l’Afrique, laquelle doit inclure la nécessité pour nos dirigeants de quitter le pouvoir quand le moment est venu. Le fait de s’accrocher au pouvoir au-delà du raisonnable est l’une des faiblesses de notre continent. La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, et la possibilité d’une régénération et d’une transfusion régulières ».

NegroNews

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