VERS L’INDÉPENDANCE DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE ?

Le Parlement a adopté définitivement mardi, par un ultime vote quasi unanime des députés, la composition du corps électoral de Nouvelle-Calédonie qui sera amené à se prononcer le 4 novembre sur le référendum d’indépendance.
Après le Sénat, l’Assemblée a adopté, par 537 voix contre deux le projet de loi organique sur « l’organisation de la consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie ».
Ainsi, le texte a été voté par les deux groupes indépendantistes, « UC-FLNKS et nationaliste » et UNI (Union nationale pour l’indépendance) et par Calédonie ensemble (CE, droite modérée), soit 38 voix sur les 52 élus présents ou ayant donné procuration. Une majorité des trois cinquièmes était requise.

Les 14 élus issus des rangs des Républicains calédoniens, du Rassemblement-LR et du Mouvement populaire calédonien (MPC) ont voté contre, dénonçant « la repentance coloniale » contenue, selon eux, dans cet exposé.

« Le texte qui accompagne la délibération ne fait aucune place à la fierté d’être français. Il est tourné vers le passé et est repentant », a dénoncé Sonia Backès, chef du groupe des Républicains calédoniens, déplorant « une réécriture de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie ».

Pour le Rassemblement-LR, Thierry Santa a critiqué « un texte déséquilibré », qui ne fait que « rappeler les moments les plus durs de l’histoire ».

Une tournure de question qui fait débat

Fortement inspiré du préambule de l’accord de Nouméa (1998), l’exposé des motifs rappelle que « la colonisation portait en elle la négation de l’identité kanak » mais également que la Nouvelle-Calédonie « s’est engagée dans un processus négocié » (…) pour « tourner la page de la violence et du mépris pour écrire ensemble les pages de paix, de solidarité et de prospérité ».

En vertu de l’accord de Nouméa, qui a instauré depuis 1998 un processus progressif de décolonisation, les élus locaux avaient jusqu’au mois de mai pour pouvoir eux-mêmes décider de la date du scrutin. Au-delà, c’est l’Etat qui aurait pris la main et organisé d’office le référendum au plus tard en novembre 2018. Ce vote n’intervient pas au hasard : mardi, le comité des comités des signataires de l’accord de Nouméa doit rencontrer Edouard Philippe à Matignon. Une réunion qui sera largement consacrée à la rédaction de la question du scrutin, elle aussi polémique.

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