TOGO : VIOLENCES A SOKODÉ APRÈS L’ARRESTATION D’UN IMAM

Des affrontements ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi à Sokodé, deuxième ville du Togo, après l’arrestation d’un imam proche de l’opposition. Deux militaires et un jeune ont été tués, selon le gouvernement.

Deux militaires et un jeune ont été tués, au soir du lundi 16 octobre, dans de violents heurts qui ont éclaté à Sokodé, deuxième ville du Togo, après l’arrestation de l’imam Alassane Mohamed, un proche de Tikpi Salifou Atchadam, président du Parti national panafricain (PNP), un parti de l’opposition.

« L’électricité a été coupée vers 19 h (heure locale) après la prière et cinq véhicules de la gendarmerie sont arrivés pour enlever Alassane, un imam très reconnu dans la ville », a expliqué à l’AFP Ouro Akpo Tchagnaou, coordinateur de l’Alliance nationale pour le changement (ANC, opposition).
« La population s’est sentie visée et est sortie dans les rues », a-t-il ajouté en soulignant que les échauffourées avaient duré toute la nuit. « Des habitations ont été incendiées, ainsi qu’un bureau de banque et un bâtiment de TogoCell [groupe de téléphonie] », a ajouté Éric Dupuy, porte-parole de l’ANC.
Aussitôt après cette arrestation, les jeunes sont descendus dans la ville de Sokodé, ont posé des barricades, brûlé des pneus ; ils s’en sont pris aux édifices publics et à des maisons de dignitaires proches du pouvoir en y mettant le feu.

Les heurts se sont poursuivis toute la nuit et se sont propagés à plusieurs villes, Bafilo, Tchamba, Kpalimé et Lomé.

A Lomé, les bureaux du port au terminal du Sahel ont été saccagés et incendiés, tout comme le poste de police juste à côté.

Toujours la nuit de lundi à mardi, l’immeuble abritant le siège du Parti national panafricain a été incendié, les habitants molestés dont un adolescent qui a eu le crâne fracassé.
Dans l’après-midi de mardi 17 novembre, les leaders des quatorze partis de la coalition de l’opposition ont marché jusqu’au ministère de la Sécurité pour signifier au ministre leur désapprobation de la violence qu’exercent les forces de l’ordre sur les citoyens qui manifestent à mains nues.

« Vous avez suivi les graves exactions qui ont été perpétrées sur les populations dans plusieurs villes du Togo, nuitamment, lors de procédures illégales, avec mort d’hommes, des blessés que l’on ne compte plus. C’est inacceptable », s’indigne Nathaniel Olympio du Parti des Togolais.

Un calme précaire régnait mardi soir. L’opposition appelle à de nouvelles manifestations ce mercredi et jeudi. Or, le gouvernement n’autorise les marches que le week-end.

NegroNews

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