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TCHAD : POLÉMIQUE SUR LE CARACTÈRE LAÏC DE LA IV ÈME RÉPUBLIQUE

TCHAD : POLÉMIQUE SUR LE CARACTÈRE LAÏC DE LA IV ÈME RÉPUBLIQUE

Le serment confessionnel suscite un débat passionné sur le côté laïc de la constitution de la IVe République du Tchad. Au cours de la cérémonie de prestation de serment des membres du gouvernement tenue le jeudi 10 mai 2018, certains ont été confrontés à des interdits de leur confession religieuse. Une des ministres invitée à jurer sur la Bible avant d’entrer en fonctions a refusé de s’exécuter. Elle a été démise de ses fonctions sur le champ.

La formule consacrée du serment de la IVe République du Tchad a été préparée par le Conseil supérieur des Affaires islamiques. Les chrétiens, invités à proposer une formule consacrée pour les ministres de leur obédience, n’ont pas accepté, expliquant que la Bible interdit de jurer. Ce qui n’a pas du tout été en la faveur de Madeleine Alingué porte-parole du gouvernement. Elle a dû modifier légèrement le contenu de son serment, préférant ‘’Dieu’’ à la place de  »Allah ». La Cour a accepté son serment grâce à l’intervention du président de la République. Une vidéo montrant la ministre entrain de prêter serment a circulé sur les réseaux sociaux.

Djibergui Rosine Amane, ministre de l’Aviation civile, est protestante. À son tour, elle a refusé de prononcer le serment, mais elle propose de signer un engagement de loyauté que la cour a refusé. La ministre prétend que sc’est contraire à sa religion et qu’il serait impossible pour elle de lire le serment tel que présenté. Elle s’est confrontée à un refus catégorique de la Cour Suprême approuvé cette fois-ci par le chef de l’Etat. Elle fut remplacée séance tenante par le général Mahamat Taher Rozzi qui a prêté serment sur le coup. Une situation dans laquelle l’opposition s’est engouffrée pour ridiculiser le gouvernement.

Joseph Djimrangar Dadnadji, ancien Premier ministre passé aujourd’hui à l’opposition, estime qu’imposer le serment à des membres du gouvernement est mal aisé, il dit que : « Le ministre est choisi par le président de la République à partir d’une relation de confiance totale. Si le président n’a pas confiance en quelqu’un, et bien qu’il ne le prenne pas.» Il continue pour confirmer les combines des élites africaines : « Même si c’est un opposant qu’il est obligé de prendre, il y a quand même des mécanismes de remédiation pour que l’opposant soit acceptable.», il continue : « Donc on ne recrute pas dans un gouvernement des gens dont on n’est pas sûr de la fidélité. C’est quand même mal aisé surtout dans un pays comme le nôtre qui est un pays laïc. ». Pour finir, l’ancien Premier ministre a dit que le serment n’est conforme que dans un cadre professionnel mais pas politique.

Selon Evariste Ngarlem Toldé, chercheur et politologue : « On peut dire que la ministre a été sanctionné pour ses croyances religieuses et ceci est un précédent dangereux pour notre pays. Cela pose un problème sur la séparation de l’église et l’état ». Cette situation remet en cause le principe de laïcité au Tchad.

Un communiqué publié vendredi, l’Union nationale pour le développement et le renouveau, parti du chef de l’opposition, indique qu’il ne « saurait entériner par un silence complice les dérives de prestations de serment sur des bases confessionnelles ». Elle « exige le retrait pur et simple des dispositions constitutionnelles qui font référence à la religion et qui risquent de mettre en danger l’unité nationale, déjà fragilisée par la mal-gouvernance »..

DUNAMIS ADJIGO

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