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UN SUISSE FAIT FORTUNE AVEC LES MILLIARDS DU PEUPLE ANGOLAIS

Un entrepreneur fribourgeois, Jean-Claude Bastos, gère le fonds souverain de l’Angola. Un business opaque dont il tire des dizaines de millions, comme le révèle une enquête du « Matin Dimanche », partenaire du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), dans le cadre de l’opération « Paradise Papers »

En juillet 2011, Jean-Claude Bastos avait été condamné pour plusieurs infractions de gestion déloyale qualifiées par le Tribunal pénal de Zoug. Ce qui n’a nullement empêché cet homme d’affaires d’origine suisse et angolaise de se voir ensuite confier – via son groupe Quantum Global basé à Zoug – la gestion du fonds souverain de l’Angola, qui pèse 5 milliards de dollars. Un mandat pour lequel il encaisse dès 2014 une généreuse rémunération de plusieurs dizaines de millions de dollars chaque année.

Les personnes condamnées pénalement pour crime économique ne gèrent généralement pas des milliards de biens étatiques. Jean-Claude Bastos est une exception. L’homme a été condamné pour multiples gestions déloyales qualifiées le 13 juillet 2011 par le Tribunal pénal de Zoug. Avec un partenaire, il contrôlait une société qui a effectué des versements illégaux. Une partie de l’argent est arrivée dans leurs poches.

Malgré ce jugement qui n’est plus susceptible de recours, l’homme d’affaires d’origine suisse et angolaise s’est ensuite vu confier, via son groupe Quantum Global basé à Zoug, la gestion du fonds souverain de l’Angola, qui pèse 5 milliards de dollars. Un mandat pour lequel il encaisse dès 2014 une généreuse rémunération de plusieurs dizaines de millions de dollars chaque année.

Le chef du fonds souverain n’est autre que José Filomeno Dos Santos, surnommé Zenú, le fils de l’ancien président, qui a quitté le pouvoir en août dernier après 38 ans de règne. Zenú est un ami et partenaire commercial de longue date de Jean-Claude Bastos. Pour des experts, cette proximité est problématique. Tout comme le fait que l’homme d’affaires suisse investisse l’argent du fonds dans ses propres projets, et la hauteur de ses rémunérations.

Les généreuses rémunérations versées pour la gestion du fonds souverain de l’Angola ne sont pourtant que le début de l’affaire. Plusieurs investissements du fonds qui lui a été confié lui servent personnellement. Son plus gros projet est la construction d’un port en eaux profondes dans la province angolaise de Cabinda. Cent huitante millions ont été promis par le fonds souverain pour ce chantier géré par une entreprise de Jean-Claude Bastos, dans laquelle la présidente des CFF, Monika Ribar était impliquée.

La semaine dernière, un portrait empathique de lui est paru dans l’hebdomadaire alémanique « HandelsZeitung ». L’article a été traduit en français par le quotidien « Le Temps ». «Je travaille avec José Filomeno non pas parce qu’il était le fils du président, mais parce qu’il est une bonne personne», y explique notamment Jean-Claude Bastos.

L’année dernière, c’est sur un site africain d’informations qu’il déclarait: «Ma passion est d’aider le peuple angolais, à la fois en lui assurant un solide retour sur ses investissements et en l’aidant à développer des projets économiques et sociaux. Le fonds souverain de l’Angola est un excellent moyen pour y parvenir».

NegroNews

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