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[SPORT] USAIN BOLT ET LE « GÈNE DE L’ESCLAVE »

  • Par 1oo312ksa
  • 7 Années
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Dans son autobiographie à paraître en janvier, «Plus rapide que l’éclair», Usain Bolt déconstruit un des mythes les plus coriaces de l’athlétisme. Ce mythe, c’est le «gène de l’esclave».

En juillet 2012, à l’occasion des Jeux Olympiques de Londres, le champion américain Michael Johnson avait prédit que les athlètes africains-américains domineraient les épreuves grâce aux gènes qu’ils tenaient de leurs ancêtres esclaves. Il ajoutait dans le «Daily Mail»: «Même si c’est difficile à entendre, l’esclavage [d’un point de vue sportif] a bénéficié aux descendants comme moi. Je pense qu’il y a un gène athlétique supérieur en nous.»

Et les commentateurs, dans la foulée, de lister les huit finalistes du 100 mètres des J.O. de Pékin: trois Jamaïcains, dont Usain Bolt, deux Trinidadiens, deux Africains-Américains, Doc Patton et Walter Dix, et le huitième, Churandy Martina, un Hollandais de Curaçao, une île des petites Antilles.

Le dit «gène de l’esclave» serait donc un héritage des conditions de survie extrêmes auxquelles étaient exposés les esclaves d’Afrique de l’Ouest, une cristallisation des critères physiologiques de la sélection à laquelle les soumettaient les trafiquants, avant de les envoyer en Amérique ou aux Caraïbes.

« J’ai une autre théorie », écrit Usain Bolt. Et convaincante. Le sextuple champion olympique, huit fois champion du monde, recordman du monde du 100 m, du 200 m et du 4×100 m, défend contre les explications biologiques, voire racistes, la thèse de la construction sociale. Une légende détruit une légende. On ne naît pas champion, on le devient.

« Les Jamaïcains considèrent l’athlétisme de la même façon que les Brésiliens le football, poursuit Bolt. Ils en sont dingues. Partout, au Brésil, les gosses tapent dans des ballons: dans les rues, sur les pelouses, même à la plage (…). C’est donc tout naturel [en l’occurrence, tout culturel] qu’ils aient des joueurs du niveau de Neymar, Ronaldo ou Ronaldinho. En Jamaïque, tous les enfants font de l’athlétisme, et les « champs » [les sélections nationales en Jamaïque] sont le summum pour tout jeune ambitieux. Cela ne concerne pas seulement les gamins de Kingston. Des athlètes des zones rurales profondes se révèlent également, comme je l’ai fait en 2001, et mon coach affirmait déjà à l’époque que les entraîneurs nationaux n’avaient que l’embarras du choix. Le National Stadium de Kingston était la vitrine des plus grands talents.»

Aux rêveries génétiques, Usain Bolt substitue l’esprit d’imitation et d’émulation, la glorieuse certitude de l’entraînement. Loin d’être esclave de ses gènes, il démontre tranquillement que «le gène de l’esclave» serait un concept usurpé. On savait que le sprinter courait moins vite que l’autruche et l’antilope. On découvre qu’il court plus vite que les préjugés les plus véloces, plus fort que tous les stéréotypes anabolisants.

Fabrice Pliskin

Plus rapide que l’éclair, par Usain Bolt, avec Matt Allen, traduit de l’anglais par Patricia Jolly, Editions Arthaud, 340 p., 19,90 euros (à paraître le 15 janvier).

src : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20131217.OBS9822/usain-bolt-et-le-gene-de-l-esclave.html#https://m.facebook.com

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