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UN SOUDANAIS VIVANT EN FRANCE SAUVE SES FRÈRES KIDNAPPÉES EN LIBYE

A l’aide des réseaux sociaux, le jeune soudanais Abou Bakr Ibrahim délivre ses frères d’entre les mains d’un gang armé.

C’est suite à l’appel de sa sœur le mercredi 17 Janvier, qu’Abou Bakr Ibrahim a appris que ses 2 frères Marghanna et Abdelmajid et son cousin Anouar, avaient été pris en otage par des ravisseurs, en quittant leur domicile situé à Ajdabiya pour se rendre à Tripoli.

Le jeune Soudanais installé au Havre, a pris le numéro des ravisseurs par le biais du colocataire des victimes pour les contacter, avant de recevoir des vidéos sur Whatsapp de ses frères torturés et violentés par les kidnappeurs.

« Au bout du fil, un des ravisseurs m’a demandé : « Tu es le frère de Marghanna et Abdelmajid ? ». Au même moment, j’entendais des gémissements fuser derrière sa voix. Il a ensuite passé le téléphone à l’un de mes frères, qui a juste eu le temps de crier : « Envoie l’agent, envoie l’argent Abou Bakr ! »

Le ravisseur a repris le téléphone et m’a dit : « Tu as entendu ? Envoie-moi 80 000 livres soudanaises [environ 9 000 euros] ou je tue tes frères. Tu as trois jours. » Puis, il m’a envoyé des vidéos et photos sur WhatsApp.

J’ai regardé les images, j’étais abasourdi. Je n’arrivais pas à y croire. J’ai rappelé le ravisseur et je lui ai demandé de m’envoyer une autre vidéo sur laquelle je pourrais mieux les reconnaître. Mais il a refusé en me disant : « Tu tiens vraiment à ce que je les torture encore ? » Je n’ai pas insisté, j’avais peur qu’il les frappe davantage. »

Sur l’une des vidéos, on pouvait apercevoir l’un des kidnappeurs faire fondre des petits morceaux de plastique au bout d’un bâton, et verser le liquide brûlant sur le dos de la victime, nu, qui se tord de douleur d’après France 24.

Ne pouvant garder le silence face à cette situation atroce, le jeune soudanais a décidé de publier et partager les vidéos que les ravisseurs lui ont envoyé, sur les réseaux sociaux, ainsi qu’aux médias.

 « J’ai pensé que le meilleur moyen de sortir mes frères dans ce pétrin était d’ébruiter l’affaire au maximum. J’ai posté les vidéos sur les réseaux sociaux et je les ai envoyées à plusieurs médias.

En parallèle, j’ai alerté des amis au Soudan et à l’étranger, qui ont lancé des campagnes de collecte de dons sur Facebook. »

Une action qui s’est avéré plus qu’efficace, puisque les vidéos de l’enlèvement relayées sur les réseaux et dans les médias ont suscité une forte mobilisation auprès des internautes.

La nouvelle a provoqué un tel engouement, que l’Union Africaine a ouvert une enquête, en recommandant aux autorités libyennes de tout faire pour libérer les otages, dans son communiqué du 23 Janvier.

Le soir même, c’est sur la page Facebook des forces spéciales al-Radaa, que la libération des huit otages soudanais et l’arrestation de leurs ravisseurs a été annoncé.

Les victimes ont immédiatement été transférés vers un hôpital à Syrte pour recevoir des soins.

Lors du passage de la chaine de télévision libyenne 218 News à l’hôpital, des ex-otages rapportent qu’ils étaient torturés tous les jours et qu’ils n’avaient que pour nourriture du pain rassis.

Subissant de fortes pressions internationales, « les autorités cherchent de la reconnaissance internationale à travers la libération de Syrte. Cette opération est aussi une façon de dire : ‘On est là, on a des compétences et un savoir-faire‘ », prétend un journaliste local souhaitant garder l’anonymat.

L’Organisation internationale des migrations (OIM) estime qu’il y a entre 700 000 et 1 million de migrants en Libye selon France 2.

 

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