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AU SOUDAN, LES MANIFESTANTS DÉFIENT LE COUVRE-FEU DÉCRÉTÉ PAR L’ARMÉE

Des milliers de manifestants se sont engagés à rester dans les rues de Khartoum, la capitale soudanaise, au mépris du couvre-feu imposé par le nouveau conseil militaire du pays suite au renversement et à l’arrestation d’Omar el-Beshir, au pouvoir depuis vingt-neuf ans.

Après près de 30 ans de pouvoir, le président soudanais Omar el-Béshir a été évincé et arrêté, a annoncé jeudi le ministre de la Défense du pays, Awad Ibn Ouf, dans un message diffusé à la télévision nationale. Il a ajouté que l’armée avait décidé de superviser une période de transition de deux ans suivie d’élections, indiquant qu’un état un d’urgence de trois mois serait bientôt mis en place.

« Ceci est la continuation du même régime »

Mais les manifestants disent que le conseil militaire fait partie du même régime. La nouvelle confrontation a fait craindre un affrontement violent entre les manifestants et l’armée. L’ONU et l’Union africaine ont toutes deux lancé des appels au calme.

L’ambiance de fête qui a suivi l’annonce de l’arrestation d’Omar el-Beshir, âgé de 75 ans, s’est rapidement évaporée lorsque les organisateurs des manifestations ont appelé à la tenue d’un sit-in de masse devant le quartier général de l’armée. « Ceci est la continuation du même régime », a déclaré Sara Abdeljalil de la Sudanese Professionals Association. « Ce que nous devons faire, c’est continuer le combat et la résistance pacifique ».

Plus tard, un communiqué officiel publié par la presse officielle a annoncé qu’un couvre-feu serait en vigueur de 22h00 heure locale (20h00 GMT) à 4h00. « Les citoyens sont priés de s’en tenir à leur sécurité », a ajouté le journal, ajoutant que « les forces armées et le conseil de sécurité s’acquitteront de leur devoir de maintenir la paix et la sécurité, ainsi que de protéger les moyens de subsistance des citoyens ».

Les foules dans les rues de Khartoum ont agité des drapeaux et scandé « Fall, again ! » – remodelant leur précédent slogan anti-Bachir de « Automne, c’est tout ! ». Le désormais ex-président du pays fait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par la Cour pénale internationale (CPI), qui l’accuse d’avoir organisé des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans la région du Darfour, à l’ouest du Soudan. On ne sait pas ce qui va lui arriver maintenant qu’il est en détention.

Déroulement du coup d’État

Très tôt, ce jeudi, des véhicules militaires sont entrés dans le vaste complexe de Khartoum abritant le ministère de la Défense, le quartier général de l’armée et la résidence personnelle d’el-Beshir. La télévision et la radio d’Etat ont interrompu leurs programmes et le ministre de la Défense, Awad Ibn Ouf, a annoncé « le renversement du régime ». Il a déclaré que l’ancien président était détenu « dans un endroit sûr » mais n’a pas donné de détails.

Ibn Ouf a déclaré que le pays souffrait de « mauvaise gestion, de corruption et d’absence de justice » et s’est excusé « pour les meurtres et la violence qui ont eu lieu».

Il a par ailleurs annoncé la suspension de la constitution du pays et la fermeture des frontières jusqu’à nouvel ordre et de l’espace aérien fermé pendant une période de 24 heures.

NN

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