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SOMMES-NOUS À LA FIN DU PARTERNALISME FRANÇAFRICAIN ? (SYNTHÈSE)

Sommes-nous à la fin du paternalisme françafricain ? À cette époque où l’Afrique s’oriente de plus en plus vers d’autres partenaires commerciaux, la question mérite d’être posée. Dans son adresse aux étudiants de Ouagadougou (Burkina Faso) le 28 novembre 2017, le président français Emmanuel Macron affirmait : « Il n’y a plus de politique africaine de la France ». Faut-il voir dans cette déclaration forte, les prémices de la fin de la relation paternaliste que Paris entretenait avec plusieurs de ses anciennes colonies ?

C’est en tout cas l’avis que partage le chercheur associé à l’Institut de relations internationales stratégiques (IRIS) et ancien ambassadeur de France dans plusieurs pays africains, Pierre Jacquemot, invité de l’émission « Docu-Débat sur la chaîne Public Sénat. « Il n’y a plus de politique africaine, mais il y a une politique dite française en Afrique, avait-il affirmé. Je crois que c’est comme ça qu’il faut interpréter les propos du président. Il se veut le centre d’une nouvelle politique, d’un nouveau ton. Pour lui, c’est une grande Afrique avec cinquante-quatre pays. Et dans ce discours à Ouagadougou, il répète à cinq reprises ‘’je suis d’une génération qui’’ dès lors, il se place compte tenu de son âge et de son auditoire à savoir les étudiants de Ouagadougou, dans une posthistoire. Il est sur un registre générationnel ce qui lui permet de parler de start-up, de jeunesse et de PME. Pour autant, ce n’est pas le premier à déclarer qu’il y a eu un changement d’attitude dans la relation avec l’Afrique, Nicolas Sarkozy l’avait dit qu’on sortait de la Françafrique et ça été redit par Hollande ». Mais comment en est-on arrivé là ?

Certains comme Antoine Glaser, fondateur du journal La Lettre du Continent, affirment que « nous sommes entrés dans une nouvelle époque : un basculement progressif de la Françafrique vers une Africa-France ». Quelques pays d’Afrique plus développés et qui ont vu leur économie s’accroître se sont détournés de la France au profit de d’autres pays comme le Canada et la Chine.

Une attitude peu surprenante pour Antoine Glaser, journaliste spécialiste de l’Afrique : « Il faut se dire qu’Emmanuel Macron arrive à un moment où l’Afrique est mondialisée. Si on ne démarre pas là-dessus, on ne comprend pas à quel point la Françafrique est totalement anachronique ».

Si plusieurs présidents français ont évoqué la fin de cette relation asymétrique entre la France et l’Afrique, en quoi, la politique française en Afrique d’Emmanuel Macron est-elle si différente ? Pour Antoine Glaser, « la seule chose qui diffère pour l’instant, c’est le paternalisme. Vous c’est vous, nous c’est nous : il ne va pas parler devant les chefs d’États Africains, mais devant la jeunesse africaine ».

L’Afrique semble vouloir prendre son destin en main et tente petit à petit d’établir une relation d’égal à égal avec la France. Un constat évident pour Pierre Jacquemot qui se souvient de la déclaration de Nana Akufo-Addo en novembre dernier : « deux jours après le discours à Ouagadougou, le président ghanéen Nana Akufo-Addo a improvisé un discours où il a très clairement dit ‘’nous n’avons pas besoin d’aide’’. La véritable leçon, c’est que le président Ghanéen souhaite un mode de relation qui soit basée sur l’intérêt mutuel et non pas sur une assistance ».

Antoine Glaser insiste, « le vrai changement, il ne vient pas de la France. Le vrai changement, il vient de l’Afrique, c’est cette Afrique mondialisée qui oblige la France à changer ».

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