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[SOCIÉTÉ] OUVERTURE D’UN SITE POUR DÉNONCER LES BAVURES POLICIÈRES

Les Français peuvent depuis hier, lundi 2 septembre, saisir directement en ligne la « police des polices » en cas d’abus ou de dérapages dans le cadre d’une réforme de ce service d’inspection voulue par Manuel Valls pour rapprocher notamment police et population.

La réforme, annoncée début 2013 par le ministre de l’Intérieur, vise à « réorganiser » l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), compétente en province et en grande banlieue parisienne, et l’Inspection générale des services (IGS), dont le ressort est celui de la capitale et de sa proche banlieue, avait expliqué en juin leur « patronne » Marie-France Monéger.

L’IGS deviendra une délégation de l’IGPN qui va en créer de nouvelles à Rennes, Lille, Metz ainsi qu’une antenne à Nice outre ses trois implantations actuelles à Marseille, Lyon et Bordeaux, son siège étant à Paris place Beauvau.

Le principal point de cette réforme de la police traquant ripoux et auteurs de bavures est la possibilité offerte aux particuliers de saisir en ligne, de manière non anonyme, ses services en cas de contestation ou de dérapage des forces de police.

« Un véritable défouloir »

Mais « il ne s’agit pas de stigmatiser les policiers », tente de rassurer Marie-France Monéger. Une réponse à certaines critiques émises par les syndicats de police, qui voient dans cette démarche un appel à la « délation ». Ainsi de Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers, selon qui « à l’heure actuelle, déjà 90% des signalements sont caractérisés comme dilatoires ». Pour lui, « avec cet outil, ce sera un véritable défouloir », affirme-t-il au site de « 20 Minutes ».

Pour le Synergie, cette réforme aurait pour effet d’encourager l’action d’organisations telles que « Copwatch », un site internet qui dénonce les dérapages de policiers, quitte à ficher leurs photos privées.

Mais d’après Marie-France Monéger la plateforme « ne sera pas un défouloir car les signalements ne pourront pas être anonymes ». Elle « n’aura pas vocation à recueillir les « faits les plus graves » mais à « mieux organiser les signalements ». « C’est aussi un moyen de savoir ce que les usagers ne supportent pas de et dans leur police », avait-elle fait valoir.

« Cela se faisait déjà à Paris. C’est normal de la généraliser à l’ensemble de la France », juge de son côté l’Unsa-Police, toujours auprès de « 20 minutes » : « Ce n’est pas la réforme du siècle ».

« S’ouvrir » à des « observateurs extérieurs »

Les inspections reçoivent déjà quelque 2.300 signalements chaque année, mais jusqu’ici seule l’IGS pouvait être saisie directement par des particuliers.

L’IGPN va également, dans le cadre de la réforme, « s’ouvrir » à des « observateurs extérieurs », une autre nouveauté. Un comité d’orientation sera ainsi composé pour moitié de policiers et pour l’autre d’un avocat, d’un journaliste, d’élus ou du Défenseur des droits avec qui les inspections sont déjà en relation.

Manuel Valls avait lui-même lancé très tôt ce chantier qui lui tient à coeur. Il s’agissait, outre l’axe de la déontologie des forces de police, de les « rapprocher de la population ». Et aussi tourner une page noire de l’IGS, soupçonnée d’avoir truqué une enquête sur des fonctionnaires marqués à gauche dans la période de la présidentielle et des législatives de 2007.

source : nouvelobs.com

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