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[SOCIÉTÉ] OUGANDA : ARRIVÉE DE PLUS DE 55 000 RÉFUGIÉS CONGOLAIS

Plus de 55.000 réfugiés congolais sont arrivés en Ouganda depuis jeudi, après avoir fui les attaques de rebelles ougandais dans l’est de la République démocratique du Congo, ont annoncé des responsables de la Croix-Rouge dimanche.

« Il y a besoin d’une aide humanitaire d’urgence, puisque un certain nombre de réfugiés sont malades et ont laissé ce qu’ils avaient en RDC », a expliqué une responsable de la Croix-Rouge en Ouganda, Catherine Ntabadde.

Selon elle, le nombre de réfugiés a été estimé à 55.000 samedi soir, en forte hausse, puisqu’il était de 30.000 la veille.

Dimanche, ce flux s’est néanmoins réduit dans le district ougandais de Bundibugyo, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec la RDC, a constaté un photographe de l’AFP.

Pour sa part, un porte-parole militaire congolais a indiqué à l’AFP que les chiffres de la Croix-Rouge ougandaise lui semblaient « exagérés ».

« C’est une région peu peuplée et la localité de Kamango compte peu d’habitants », a dit le colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée pour la province du Nord-Kivu.

Il a ajouté que les troupes de Kinshasa traquaient les rebelles ougandais des Forces alliées démocratiques (ADF-Nalu) qui avaient attaqué jeudi la localité de Kamango, frontalière de l’Ouganda, avant que l’armée gouvernementale ne reprenne la ville le lendemain.

« On les pourchasse jusque dans les profondeurs » dans le parc des Virunga, a-t-il dit.

Selon un chef traditionnel local, Jean-Paul Saambili, neuf personnes ont été tuées au cours de l’offensive rebelle.

Des habitants ont affirmé que des bâtiments publics et un hôpital avaient été pillés, sans donner de bilan des victimes.

Selon le colonel Hamuli, le raid des rebelles ougandais était destiné à « trouver des moyens de survie ». Les centres de santé et les pharmacies ont été pillés et les médicaments ont été emportés, a-t-il assuré.

Cette attaque faisait suite à une offensive des ADF-Nalu constatée depuis plusieurs semaines.

« Je veux rentrer chez moi, j’ai faim ici »

Après les troubles des derniers jours, la situation était en cours d’amélioration, a affirmé dimanche le chef traditionnel, M. Saambili.

« La population qui s’était réfugiée en Ouganda cherche à rentrer. Ils veulent être à côté de leurs champs, nous n’avons pas entendu de coups de feu depuis trois jours », a-t-il ajouté.

Selon le photographe de l’AFP du coté ougandais de la frontière, un grand nombre de réfugiés attendait dimanche de pouvoir rentrer en RDC.

« Je veux rentrer parce que j’ai faim, ici, et je veux vérifier que mes biens sont en sécurité chez moi », explique un réfugié, Mateso.

« On a entendu dire que les rebelles (ougandais) avaient été chassés, alors il vaut mieux qu’on rentre chez nous plutôt que d’aller loin dans un camp en Ouganda », ajoute-t-il.

Une responsable du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Karen Ringuette, a expliqué que de nombreux arrivants étaient accueillis au sein de la population. Ils se sont notamment installés dans des écoles et autres sites de la localité de Bundibugyo, à une vingtaine de km de la frontière.

La Croix-Rouge travaille avec les agences de l’ONU et plusieurs organisations humanitaires pour organiser un camp plus en profondeur.

Le groupe armé ADF, dans l’opposition au régime du président Yoweri Museveni au pouvoir depuis 1986, a été formé au milieu des années 1990 dans la chaîne de montagnes Rwenzori de l’ouest de l’Ouganda.

Les forces gouvernementales ougandaises ayant attaqué leurs bases il y a deux ans, une partie de l’ADF est à présent basée en RDCongo. La situation était relativement calme ces dernières années.

Par ailleurs, des combats ont éclaté dimanche entre l’armée gouvernementale congolaise et d’autres rebelles de l’est de la RDC, le mouvement du M23, près de Goma, capitale du Nord-Kivu, ont rapporté les deux camps qui s’accusent mutuellement d’avoir provoqué la reprise des hostilités.

Ces affrontements se déroulent à Mutaho, à 12 kilomètres au nord-ouest de Goma où l’armée régulière aurait engagé près de 2.000 hommes.

Interrogés par l’AFP, des habitants ont confirmé la chute d’obus de mortier à proximité de la bourgade. Aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat.

Le M23, qui avait occupé Goma une dizaine de jours en novembre dernier, avait quitté la ville sous la pression des pays de la région en échange de négociations avec le gouvernement. Depuis, ces discussions achoppent sur l’évolution du mouvement rebelle et l’intégration de ses hommes au sein des forces régulières.

Source : afriquinfos.com

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