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[SOCIÉTÉ] OPPORTUNITÉS DE CARRIÈRE EN AFRIQUE, DÉCRYPTAGE D’UN MARCHÉ EN ÉBULLITION

Cette semaine, j’ai assisté à une conférence organisée par le Club d’Affaires Afrique sur le thème « Opportunités de carrière en Afrique, décryptage d’un marché en ébullition ». Le pitch « Vous réfléchissez à une évolution de carrière en Afrique (court, moyen ou long terme), mais avez encore beaucoup d’interrogations ? Alors cette conférence est pour vous! ».

Bien évidemment, en croisant cette annonce, je n’ai pas pu résister, et j’ai donc embarqué ma sœur pour écouter ce que les brillants intervenants avaient à nous dire sur ce marché, décrit en effet depuis plusieurs mois comme le nouvel eldorado !Une conférence très enrichissanteDRH de Ecobank, de Nestlé Africa, recruteurs et chasseurs de têtes étaient réunis autour d’Amobé Mévégué, {animateur de génie je dois le préciser}, pour nous brosser un état des lieux des opportunités de carrière en Afrique. Une conférence qui fut enrichissante tant par la qualité des panélistes réunis pour nous donner leur vision de l’Afrique d’aujourd’hui, mais aussi par les participants à la conférence qui ont enrichis le débat par leurs questions et remarques pertinentes.
Comme en France ou dans d’autres pays occidentaux, il semble qu’il y ait pénurie de main d’œuvre qualifiée sur le continent. Non pas due au manque d’éducation de la population sur place, mais plus au différentiel flagrant entre la formation reçue sur les bancs de l’école et les technologies qui devront être déployées et mises en œuvre sur le continent. Pour exemple, dans le domaine des télécoms, on recherche des techniciens maitrisant la fibre optique, lorsque les jeunes fraichement sortis de l’université n’ont jamais étudié cette technologie. D’où la nécessité pour les entreprises sur place de recruter les talents ailleurs, talents qui auront pour mission, non seulement d’ »exécuter », mais aussi et surtout de former les locaux.

A retenir

Si vous envisagez de trouver en job sur le continent, voici les quelques informations que j’ai retenues et que je vous livre en quelques points clés :

– Quels sont les secteurs qui recrutent ?
Les secteurs de l’énergie (oil and gaz), de la finance et des télécoms semblent être les secteurs les plus porteurs aujourd’hui. Le secteur minier, des biens à la consommation (foods), mais aussi l’industrie agroalimentaires recrutent énormément.

– Quels sont les profils recherchés ?
Bien évidemment des profils techniques (dans les domaines des télécoms, de la finance, miniers bien évidemment), mais et aussi des profils marketing et commerciaux.

– Ai je mes chances en étant jeune diplômé ?
Les jeunes diplômés ont leur place dans ces recrutements, même si les postes plus séniors sont ceux qui semblent poser le plus de problèmes aux recruteurs. Plus que le diplôme sur votre CV, ce que cherchent les DRH, ceux sont des « requins », qui ont ce sens du leadership, capable de « faire rêver », et d’engager les personnes sur place dans le changement.

– A quel salaire puis je prétendre ?
En terme de package, bien évidemment, ils s’adaptent aux grilles de salaires locales. Néanmoins, il ne faut pas oublier les avantages en nature que l’on peut négocier (maison, voiture, éducation des enfants, etc.… etc.… et surtout la qualité de vie qui est sans commune mesure avec celle que l’on pourrait avoir à Paris, New York ou à Londres).

– Dois je viser les multinationales ou des PME ?
Tout dépend bien évidemment de votre expérience professionnelle. Les intervenants n’étaient pas tous d’accord. La majorité semblait opter pour une carrière de type PME d’abordà multinationale ensuite. Je suis plus d’avis, comme l’un des panélistes, d’opter d’abord pour un grand groupe qui sera une carte de visite pour permettant de bouger et d’occuper des fonctions clés dans une PME ou dans un autre grand groupe.

– Quels sont les pays qui recrutent ?
Angola, Tanzanie, Afrique du Sud, RDC, Nigeria, sont les pays les plus souvent cités. Les pays du Maghreb, en particulier dans le secteur bancaire, sont également à la recherche de profils internationaux pour assurer leur développement.

– Quid de la nationalité ?
C’est une question que se posent souvent les binationaux. Dois je faire valoir ma nationalité française ou le passeport de mon pays d’origine. La dessus, Yves Mayilamene, le directeur des RH d’Ecobank a été très clair « garder votre passeport français pour partir en vacances ». En clair, il ne faut pas croire que la préférence nationale est l’apanage des Etats Unis ou de la France. Au Kenya, comme le précisait Amine Idriss Adoum, Head of Leadershop Development Initiative for Asia, Oceania & Africa chez Nestlé « Au Kenya, il vous coutera 10 fois plus cher de recruter un étranger qu’un Kenyan ». Si vous avez la possibilité de dégainer un passeport de votre pays d’origine et éviter ses frais de recrutement supplémentaires à votre futur employeur, c’est tout bénef pour vous et encore plus de salaire à négocier en prime.

Les conseils de recruteurs

Si vous envisagez sérieusement d’aller travailler en Afrique mais que tout cela vous semble encore lointain, opaque ou infaisable, voici quelques conseils pratiques :
Avoir accès aux offres d’emploi
Sortez de vos habitudes à la française et arrêtez de rechercher le site www.monster.afrique. Il n’existe pas ! Allez sur place, rencontrez des gens sur place, réseautez, networkez. N’ayez pas honte de faire part de votre projet autour de vous. Un des avantages de ce continent et de ce marché de l’emploi c’est qu’il est quasi vierge et que si un recruteur voit en vous un talent, il peut vous créer un job sur mesure. Networkez, Networkez Networkez.
Ne négligez pas les réseaux sociaux et internet pour le networking. Ayez votre profil Linkedin ready en français et en anglais. Intégrez les clubs tels que MBA for Africa (sur Linkdin), mais aussi des Clubs tels que le Club d’Affaires Afrique. Lisez la presse locale. Ne vous limitez pas à Jeune Afrique. Renseignez vous, faites votre étude de marché.

– Aller chercher son job avec les dents
Vous avez vu une annonce dans un journal et avez envoyé votre CV mais pas de réponse ? Appelez, harcelez le recruteur, dites que vous êtes le meilleur et ne lâchez pas le morceau. Ce n’est pas facile, mais ca marche

– Faire preuve d’humilité
Ne croyez pas que le simple fait d’avoir fait vos études à Paris, à Londres ou à New York vous donne une plus value telle que les entreprises se mettront à genoux pour vous recruter. Comme le disent mes amis camerounais, « pendant que toi tu dors, le monde tourne ». Les entreprises Africaines ne vous attendent pas, et surtout, vous êtes en concurrence avec des jeunes portugais, chinois, américains ou français qui eux ne se posent pas la question de « est ce que je rentre au pays ?» mais saisissent les opportunités là où elles se trouvent. Si vous pensez que vous devez prendre votre part du gâteau aujourd’hui, ou demain, préparez vous.

– Préparez vous
Un changement de continent ne s’improvise pas. Evalde Mutabazi, docteur en sociologie de l’entreprise multiculturelle a bien insisté sur ce point. Plus vous avez vécu en occident, plus le choc des cultures peut rendre votre adaptation sur le continent difficile. Qui plus est si comme moi, vous êtes nés et avez grandi ici et que votre expérience africaine se limite au tiep de maman le dimanche et aux quelques vacances passées sur place.
Allez y plus souvent, acclimatez vous, faites votre étude de marché et faites votre choix. Soyez sur de vos motivations et surtout ne vous bercez pas d’illusions. Aussi enrichissante cette expérience puisse être, l’Afrique reste l’Afrique avec tout son lot d’instabilité politique, son manque de démocratie et ses mentalités qui peuvent aussi nous choquer. L’essentiel est de garder son ouverture d’esprit et de voir le verre à moitié plein.

– Qu’en est il des entrepreneurs ?
Et bien c’est bien ma déception, je dois l’avouer. J’étais surprise de tous ces jeunes cadres diplômes de grandes écoles dans l’auditoire qui cherchaient à tous prix à décrocher un grand poste chez Nestlé ou Total, mais qui n’envisageaient pas une seule seconde de créer des emplois sur place en entreprenant. Mes recherches continuent donc, car, même si ma réflexion sur « ce que je peux faire pour l’Afrique » n’en est qu’à ses débuts, je suis convaincue que c’est à nous, issus de la diaspora africaine, de changer les choses.

Source : belleebene.com

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