[SOCIÉTÉ] HAITI: 180E SUR 189 ECONOMIES DANS LE MONDE

Le Doing business 2015 ferme le clapet au tohu bohu de l’ « Open for business »

Le rapport 2015 du projet « doing business » du Groupe de la Banque mondiale baisse le volume du haut parleur de la propagande gouvernementale « Haïti est ouverte aux affaires », entamée dès le discours d’investiture (le 14 mai 2011) de Joseph Michel Martelly comme président de la république en Haïti, selon les informations obtenues par AlterPresse.

Encore, le 2 novembre 2014, sur les plateaux de TV5 Monde, où il a été pris entre les questions de 3 journalistes français, Martelly a justifié son voyage européen comme une démarche pour rassurer des entrepreneurs voulant faire affaires en Haïti.

« L’Haïti qu’on veut construire aujourd’hui est une Haïti, qui est ouverte aux affaires. Je pense, je suis sûr, et les entrepreneurs me le disent, ils se sentent plus rassurés quand ils parlent à l’Exécutif, que celui-ci leur donne la garantie que l’Etat est là pour les accompagner, pour créer des conditions attrayantes », explique Martelly.

Pourtant, les données collectées par Doing Business, de juin 2013 à juin 2014, relèvent combien le pays fait partie des 10 pays, où le climat des affaires est le moins facile.

Selon ce rapport, qui classe 189 économies du monde, selon la facilité d’y faire des affaires, Haïti se retrouve à la 180e position.

La République d’Haïti gagne seulement un point, par rapport au classement 2014.

Sur les 32 économies de la région Amérique Latine et Caraïbes, Haïti termine avant-dernière dans le classement.

Pour une population de 10 millions 317 mille et 461 habitantes et habitants, dans le groupe de pays à « revenu faible », Haïti présente un Produit intérieur brut (Pib) de 810 dollars étasuniens (US $ 1.00 = 47.00 gourdes ; 1 euro = 65.00 gourdes aujourd’hui).

Ces dernières semaines, la valeur du dollar américain tend à s’apprécier davantage par rapport à la gourde haïtienne, malgré l’approche de la période « de fêtes » (?) de fin d’année 2014.

D’autres domaines sont aussi répertoriés dans ce rapport, comme la « création d’entreprises », l’ « Octroi de permis de construire », l’ « obtention de prêts », le « Paiement des Taxes et Impôts », le « Raccordement à l’électricité », la « protection des investisseurs minoritaires », le « règlement de l’insolvabilité ».

Sans des réformes, surplace garantie ?

Il faut comprendre que « ce n’est pas une note au gouvernement, mais cela affecte Haïti en général », estime le commentateur et analyste économique Kesner Pharel,

Le Doing business évalue, en quelque sorte, « les mesures adoptées par le gouvernement pour améliorer l’environnement des affaires », souligne Pharel.

Les variables, retenues dans l’évaluation menée par Doing Business, se trouvent donc sous le contrôle de l’action gouvernementale.

Au final, le slogan « Haiti is open for business » n’est-il pas véritablement un simple slogan, si les réformes, nécessaires pour améliorer l’environnement des affaires, ne sont ni entamées ni mises en œuvre ?

Jouer au pigeon voyageur, traîner dans les forums économiques et dans les chambres de commerces, suffisent-ils ?

« Un pays comme la Jamaïque, qui occupe la 58e place mondiale et la 6e dans la région Amérique Latine et Caraïbes, a conduit 15 reformes, de 2005 à date.

La République Dominicaine, qui a pris 33 places, depuis l’arrivée de Danilo Medina au pouvoir, a conduit pas moins de 14 réformes », indique Pharel à AlterPresse.

Cependant, la mise en place du Bureau d’information sur le crédit, en octobre 2014, et la réduction du nombre de jours [à 7, selon Martelly sur TV5] – pour ouvrir une entreprise en Haïti – pourraient influer sur l’amélioration de l’environnement des affaires en Haïti, voire changer sa place dans le classement, anticipe l’analyste économique et Haut Cadre du groupe Croissance.

« Il faut se rappeler, avant tout, que c’est un classement. Si les autres économies font davantage d’efforts qu’Haïti, cela peut arriver que le pays stagne à sa place ou chute, mais avec un climat d’affaires amélioré », nuance Kesner Pharel.

Dans le domaine de la création d’entreprises, Haïti se trouve à la 188e place.

Doing Business prend en compte « le nombre d’étapes, la durée et les coûts requis, d’une société à responsabilité limitée, pour pouvoir légalement commencer son activité ».

« Le Projet Doing Business mesure la réglementation des affaires et son application effective dans 189 économies et dans certaines villes au niveau infranational et régional », lit-on sur le site officiel.

Depuis son lancement, en 2002, et la publication du premier rapport, en 2003, « le but initial reste de fournir une base objective pour comprendre et améliorer l’environnement réglementaire des affaires, partout dans le monde », précise également le site. La concurrence – maître-mot dans l’économie libérale – est donc vivement encouragée.

Haïti, via son ministère du commerce et de l’industrie, a seulement moins de 8 mois pour mettre en place des réformes et se mettre au diapason avec le Doing Business.

Source: http://www.radiotelevisioncaraibes.com/…/ha_ti_180_e_sur_18…

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