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Robert Mugabe, le père de l’indépendance du Zimbabwe, est décédé

Robert Mugabe, l’icône de l’indépendance du Zimbabwe, s’est éteint vendredi à l’âge de 95 ans, des suites d’une longue maladie, dans un hôpital de Singapour où il était soigné depuis avril. Il a été évincé lors d’un coup d’État militaire en 2017 après 37 ans au pouvoir. L’ancien président a été félicité pour l’élargissement de l’accès à la santé et à l’éducation pour la majorité noire. Sa présidence a été aussi marquée par la répression violente de ses opposants politiques et par la ruine économique de son pays.

Disparition d’une « icône de la libération »

La nouvelle du décès de l’ancien homme fort du Zimbabwe a été rendue publique dans la matinée de ce 6 septembre par son successeur, Emmerson Mnangagwa qui a exprimé sa « tristesse extrême », qualifiant M. Mugabe d’« icône de la libération » et de « panafricaniste qui a consacré sa vie à l’émancipation et à l’autonomisation de son peuple ». « Sa contribution à l’histoire de notre nation et de notre continent ne sera jamais oubliée », a-t-il ajouté.

Le ministère des Affaires étrangères de Singapour a déclaré qu’il travaillait avec l’ambassade du Zimbabwe dans le pays pour que le corps de l’ex-président soit rapatrié par avion dans son pays d’origine.

Né le 21 février 1924 dans l’ancienne Rhodésie, une colonie britannique dirigée par sa minorité blanche. Après avoir critiqué le gouvernement de Rhodésie en 1964, Robert Mugabé est emprisonné pendant plus de dix ans sans procès.

En 1973, alors qu’il est toujours en prison, il est élu président de l’Union nationale africaine du Zimbabwe (Zanu), dont il est le membre-fondateur. Une fois libéré, il se rend au Mozambique, d’où il dirigera des raids de guérilla en Rhodésie, et où il se fera remarqué comme un négociateur habile.

Présidence mitigée

Les accords politiques conclus pour mettre fin à la crise débouchent sur la nouvelle République indépendante du Zimbabwe. Fort de son profil dans le mouvement indépendantiste, Mugabe remporte une victoire écrasante lors des premières élections de la république en 1980.

Mais au fil de ses décennies de pouvoir, les perceptions internationales vis-à-vis de lui se sont dégradées. M. Mugabe a acquis la réputation d’un dirigeant tout-puissant, gouvernant par la menace et la violence mais avec une base solide de soutien. Un nombre croissant de critiques l’ont qualifié de dictateur.

Robert Mugabe était aussi connu pour son franc-parler et sa défiance à l’égard des puissances occidentales, notamment l’Angleterre. La nouvelle de sa mort a suscité une vague d’émotions sur le continent africain. Le président namibien Hage Geingob a rendu hommage appuyé au « révolutionnaire exceptionnel », au « combattant tenace de la liberté ». Il faut rappeler que la Namibie, comme l’Afrique du Sud, ont profité du soutien actif du Zimbabwe de Robert Mugabe jusqu’à la fin de l’apartheid.

Les hommages de « ses amis »

Ailleurs sur le continent, sa mort inspire des réactions un peu plus circonspectes. Au Kenya, le président Uhuru Kenyatta parle plus prudemment de « son rôle essentiel dans la formation des intérêts du continent africain ». De même, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, salue un homme qui « a consacré la plus grande partie de sa vie au service du public ».

Quant à la Chine, elle voit en Robert Mugabe un dirigeant « exceptionnel ». Pékin fut l’un des rares partenaires du régime de Robert Mugabe. « Durant sa vie, il a fermement défendu la souveraineté de son pays, s’est opposé aux ingérences étrangères et a activement promu l’amitié et la coopération entre la Chine et le Zimbabwe et la Chine et l’Afrique », a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang. En Russie, le président Vladimir Poutine rappelle sa « grande contribution personnelle à la lutte pour l’indépendance ».

NN

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