LES RETOMBÉES DE LA VISITE DU COUPLE MACRON AU SÉNÉGAL

Le samedi 03 février s’achevait la visite du président français Emmanuel Macron au Sénégal, visite aux airs de « Françafrique » allant même à promettre 15 millions d’euros d’aides pour lutter contre l’érosion côtière de la ville de Saint-Louis.
Le couple présidentiel français a été accueilli par le président Sénégalais Macky Sall et sa femme chaleureusement sous les applaudissements de la population.
Signalons qu’une partie de la population était contre la venue du président français, elle a marché pour protester, et selon nos sources, certains militants ont été mis en garde à vue pour ne pas perturber la visite du président français et tous les programmes qui suivaient.

Mais qu’est ce qui se cache derrière cette conférence du « partenariat mondial pour l’éducation » se donnant comme objectif la récolte de 3,1 milliards de dollars d’ici 2018 – 2020 ?
Comme vous le savez, le plus souvent quand les présidents des grandes puissances se déplacent, c’est avec des comités d’entreprises pour négocier des contrats.
« Il y a des intérêts économiques et militaires. Il faut savoir que ce pays vivait uniquement jusqu’à présent de l’aide de la communauté internationale et en particulier de la France. On disait que l’aide au développement était vraiment la rente du Sénégal qui était un des rares pays vraiment démocratiques du continent pendant très longtemps parce qu’il y avait des alternances. Maintenant il y a du gaz, il y a du pétrole à la frontière entre la Mautinanie et le Sénégal. Et c’est vrai que, comme il y a toute cette zone sahélo-saharienne, de la Mauritanie jusqu’au Tchad, qui est soumise à la pression des djihadistes et où il y a plus du tout ni coopérants, ni business, ni rien, on a l’impression qu’il y a un retour sur les côtes, et en particulier sur le Sénégal, sur le pré carré, et on voit bien qu’Emmanuel Macron, sachant très bien que les caisses sont vides en France, mobilise ses partenaires. C’est assez paradoxale que ce fameux partenariat mondial sur l’éducation, ce sont les Anglais qui donnent le plus avec 413 millions d’euros, la France de 2014 à 2017 a à peine donné 17 millions d’euros, mais c’est quand même la France avec le verbe, qui est vraiment présente avec Emmanuel Macron, qui a annoncé 200 millions d’euros pour la période 2018-2020 », indiquait Antoine Glaser, journaliste écrivain, spécialiste d’Afrique interrogé par France Info

Au minimum deux contrats ont été signés par les entreprises françaises au Sénégal, entre autre : l’achat de deux avions airbus 330-900 neo pour une valeur de 112 milliards de FCFA (plus de 170 millions d’euros) et un autre contrat signé entre la SNCF (société nationale de chemins de fers Français) et le gouvernement sénégalais pour l’entretien du TER d’une valeur de 100 milliards de FCFA (plus de 152 millions d’euros)
Entre les aides promis par le président français et les contrats signés par le gouvernement sénégalais, qui en sort gagnant ? Faut-il aussi signaler que les fonds collectés grâce au partenariat mondial pour l’éducation ne reviennent pas seulement qu’au Sénégal, ces fonds seront destinés aux soixante-cinq pays en voie de développement pour permettre aux maximums d’enfants dans ces pays d’accéder à l’éducation.

– Ghislain Nduhirahe

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