• Accueil
  • >
  • INSPIRATION
  • >
  • UN RESTAURANT ÉPHÉMÈRE PROPOSE À SES CLIENTS BLANCS DE PAYER PLUS CHER

UN RESTAURANT ÉPHÉMÈRE PROPOSE À SES CLIENTS BLANCS DE PAYER PLUS CHER

En outre-atlantique, Tunde Wey, un chef cuisinier d’origine nigériane est à l’origine de ce projet. Très engagé dans la cause des inégalités que subissent les noirs aux états-unis, ce dernier avait déjà fait parler de lui avec ces dîner appelés Blackness In America en 2016, où il avait en effet fait le tour du pays pour organiser des dîners au cours desquels les Afro-Américains étaient encouragés à raconter les difficultés auxquelles ils font face au quotidien à cause de leur couleur.

Cette fois, le chef cuisinier a ouvert un restaurant éphémère, dont il n’a absolument pas fait la publicité en amont, pour une expérience aussi spontanée que possible.

En ouvrant Saartj, un restaurant pop-up au fonctionnement particulier qui avait pour but d’éveiller les consciences sur l’écart choquant de revenus entre un afro américain et une personne blanche : On y servait un plat unique au déjeuner vendu au prix standard de 12 dollars (9,75 euros) aux personnes de couleur et au prix suggéré de 30 dollars (24,75 euros) aux personnes blanches. Le site de Saartj explique :

« Le prix standard est proposé à tout les clients alors que le prix suggéré ne l’est qu’aux personnes blanches. La différence de prix représente la différence de revenus entre les foyers blancs et les autres à La Nouvelle-Orléans. Le profit net tiré de cette différence sera redistribué aux personnes de couleur. »

Pendant un mois, Tunde Wey a pris en note les réactions des différents clients de son restaurant, dont il n’avait absolument pas fait la publicité en amont pour que celles-ci soient les plus spontanées possible. Il présentera l’intégralité des données qu’il a récoltées lors du prochain conseil municipal de la ville, le 15 mars. Il a cependant déjà partagé certaines découvertes qu’il a tirées de cette expérience sociale, qui sont majoritairement positives, 78 % des clients blancs ayant choisi de payer le prix suggéré. Mais le cuisinier admet que leur décision était teintée de culpabilité. Il explique au magazine Civil Eats :

« Les gens me regardent alors que je suis à la caisse et ils pensent que je les juge. Quand ils ne pouvaient pas payer plus, ils me donnaient une liste de raisons pour se justifier. »

La raison simple de sa démarche est la suivante : En 2013, une étude révélait que le revenu moyen d’un foyer afro-américain à La Nouvelle-Orléans était inférieur de 54 % à celui d’un foyer blanc.

« Les personnes noires ont même essayé de payer le prix suggéré, et je leur répondais ‘Non, ce n’est pas pour vous’. Ils étaient nombreux à me dire : ‘Je n’ai pas besoin de cet argent, je vais le donner à quelqu’un qui en a besoin’. »

Le nom de l’établissement n’a pas été choisi au hasard. En effet, Tunde Wey rend ici homage a Saartj l’esclave sud-africaine qui a été exhibée nue dans toute l’Europe au XIXe siècle pour sa morphologie, considérée par la communauté scientifique de l’époque comme la preuve de l’infériorité des Noirs qui a été humiliée et passée d’homme blancs en hommes blancs avec lesquels elle était forcée d’avoir des relations sexuelles.

Saartj Baartman est morte seule à Paris de son alcoolisme. Sa dépouille a été étudiée par des chercheurs et a été exposée jusqu’en 1974 au musée de l’Homme. Ce n’est qu’en 2002 que la France acceptera de restituer son corps à son pays d’origine, après la demande de Nelson Mandela.

Commentaires

commentaires

Précédent «
Suivant »

Suivez-nous sur Facebook